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 Abigaël [Fiche Finie]

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21

Carnet de Route
Nature: Créature de Sidh
Relations:
Fonction/Activité: Servante au château

MessageSujet: Abigaël [Fiche Finie]   Lun 26 Oct - 10:15





de Glastonbury
Abigaël

• Meghan Ory •
• 21ans •
• Astalyn •
• Domestique •
• Orpheline (& célibataire)•
• Arthur mais pas hyper engagée •


Histoire...



La peur.
L'image était là, au fond de ses yeux ébène. La douleur, aussi. Sentir qu'on arrache une partie de soi n'est pas agréable, elle ne le savait que trop. La jeune femme respira, baissa le regard face à celui foudroyant de vérité de son miroir. Elle avait posé ses mains fines de part et d'autre de la petite glace murale de sa chambre de domestique et contemplait son reflet dans l'obscurité.

À travers la fenêtre un éclair zébra le ciel, illuminant la nuit sans fin. Ce devait être une nuit semblable à celle-ci...
Abigaël soupira. Ses parents ne lui avaient jamais vraiment raconté ce qui s'était passé. Frissonnante malgré la couverture qu'elle gardait serrée sur ses épaules, elle s'approcha de la lucarne et devina la lune pleine derrière les nuages noirs. Oui... Une nuit pareille à celle-ci.

Un vent froid vint soulever sa longue chevelure noire d'encre aux reflets bleu-vert. Tremblante, elle retourna vers son miroir. Lui seul savait tout d'elle et même ce qu'elle ignorait. « Enfant trouvée, enfant trouvée » répétait-il sans cesse. Ça, elle le savait. Ses parents -Dieu les garde- ne le lui avaient pas caché. Enfin, son père, Peter. Sa mère, Eva, était morte il y a longtemps, assassinée sauvagement par des monstres aquatiques.
Ils étaient partis, elle et lui, la fille et le père, loin dans les terres.

Parce qu'ils pourraient nous retrouver et nous tuer. Ces monstres mangent les humains. Ils ne connaissent pas la pitié, pas la peur ni l'amour. Ils ont tué ta mère et l'ont emmenée au fond de l'eau pour la dévorer ou je ne sais quelle autre atrocité. » Elle avait alors dix ans quand il lui avait avoué son incapacité à sauver sa femme. Il avait presque pleuré. Abigaël comprenait qu'ils vivent loin des flots.

Le miroir continuait de faire défiler les images dans les yeux de la jeune servante. Son père et sa mère l'avaient trouvée, au bord d'un chemin, non loin de la mer, alors qu'ils voyageaient. Ils l'avaient prise avec eux, avaient voulu s'arrêter à un village indiqué tout près pour demander du lait ; pour celle qu'ils considéraient déjà comme leur fille.
Ils n'avaient trouvé que des ruines, mais aucun corps.
Pas même de cimetière. Comme si tous les habitants du lieu avaient disparu, s'étaient envolés. S'ils avaient su à l'époque ! Les corps n'étaient pas sur terre mais sous l'eau, enfin, pour ce qu'il en restait. Les créatures monstrueuses -Peter ne les avait jamais nommés autrement- avaient un village aquatique et avaient dévoré les humains qui s'étaient installés sur la plage. Eva s'était approchée du rivage pour se baigner les pieds, fatiguée de marcher. Elle était revenue assez vite vers son mari et le bébé. Quelques instants plus tard, avait raconté Peter, des créatures étaient apparues à la surface de l'eau ; couvertes d'algues aussi longues que leurs corps, elles avaient pris forme humaine et s'étaient avancées vers le petit groupe. L'un d'eux s'était détaché des autres monstres et s'était avancé vers Eva. Après, Peter n'était plus très sûr de ce qui s'était passé. Sa femme avait embrassé puis suivi la créature et avait disparu avec dans les vagues. Il s'était alors mis à courir de toutes ses forces, Abigaël bébé dans ses bras pour s'éloigner de ce lieu maudit. Il avait continué le plus longtemps possible, s'épuisant totalement.
C'était le matin à l'aube que sa femme avait disparu, il avait couru jusqu'à la nuit, s'éloignant de la rive avec l'enfant. Arrivés au village, il était entré dans la taverne la plus proche et avait posé le bébé sur une table libre avant de s'écrouler sur le banc. La femme de l'aubergiste qui faisait le service s'était approchée et avait appelé à l'aide. Quand Peter s'était réveillé, après douze heures de sommeil, il était allongé sur un lit à l'étage et un berceau était installé à côté de son lit. Il s'était aussitôt levé et avait regardé à l'intérieur du couffin.

Vide !
Fou d'inquiétude il avait dévalé les escaliers, manquant se casser la figure, pour finalement découvrir sa fille dans les bras d'une servante qui la berçait et lui donnait le biberon. Il raconta sa mésaventure au couple d'aubergistes, comment lui, marchand, n'avait plus rien, avait tout perdu à cause de ces monstres. Il avait offert ses services pour payer la dette qu'il leur devait. Il l'avait payée en devenant l'homme à tout faire. Il nettoyait les assiettes et les couverts, s'occupait des chevaux quand il y en avait, mais lorsqu'il rentrait le soir, harassé de ses journées, il retrouvait sa petite chérie et ses babillements. Il avait tellement travaillé qu'en seulement un an il avait pu partir, acquitté de toute dette. Il avait repris la route, avec la petite sur son dos, continuant son chemin vers l'intérieur des terres.
Il avait trouvé une petite maison, au cœur d'une forêt et s'y était installé avec elle. C'était la vieille masure d'un ermite mort de vieillesse que le village voisin avait enterré quelques mois avant. Peter avait rebâti la maison - il n'y avait pas grand-chose à faire de toute façon – et avait vécu là, tranquillement, pendant deux ans et demi avec sa petite Abigaël.

La jeune femme baissa à nouveau le regard face à ce que le miroir lui rappelait. Ses lèvres ourlées tremblèrent un peu, se souvenant des cris qu'elle avait poussés, de la douleur qu'elle avait ressentie.

Tard dans la nuit, quand il dormait à côté d'elle dans la forêt, ils avaient été attaqués. Elle n'avait aucun souvenir des brigands, sa mémoire lui jouait des tours ; parfois lui revenaient des flashs.

Un orage violent avait éclaté au-dessus de la maison des bois, elle en était sûre. Elle s'était réveillée en sursaut, du moins le croyait-elle, tout était si flou !

Un nouvel éclair déchira le ciel en même temps que le tonnerre claqua. Nouveau flashs dans le miroir. Il lui proposa cette fois le reflet d'elle-même avec du sang sur le visage, coulant de la racine de ses cheveux. Apparemment, son père avait été blessé à la jambe en essayant de la défendre ; l'un des hors-la-loi avait saisi la fillette par sa chevelure et l'avait jetée au sol. Elle s'était cognée la tête sur un rocher ou une souche, d'où le sang inondant ses cheveux.
Parfois, aujourd'hui encore, quand elle regardait ses mains, Abigaël voyait des taches écarlates. Illusion. Réminiscence nouvelle d'un vieux passé.

D'autant plus encore que la douleur faisait place à une forme de violence. Comme un appel. Un appel de la mer que la jeune servante n'avait jamais vue depuis 19ans. Un appel de violence, de sang. Abigaël la douce mettait ça sur le compte de l'agression qu'ils avaient subi, avec ses parents. Elle ne comprenait pas pourquoi l'eau la faisait se sentir mieux, pourquoi un lac à peine aperçu à l'horizon soulevait en elle une excitation grandissante. Elle ne comprenait pas non plus pourquoi l'orage ne l'avait jamais effrayée, pourquoi les trombes d'eau qui tombaient avec une violence si forte ne l'effrayaient pas. Elle aimait voir le ciel et les éléments se déchaîner.

Le miroir lui renvoyait le reflet d'elle-même, le reflet d'une jeune femme qui se cherche. Oui, elle avait peur que des bandits viennent l'attaquer, comme quand elle avait deux ans et demi. Oui elle se sentait un peu perdue sans son père. Peter était mort voilà deux ans, presque trois. De vieillesse et de maladie mêlées.
En mourant, il lui avait murmuré quelques mots, les yeux déjà ailleurs. Elle se souvenait parfaitement de la scène, comme si celle-ci datait de la veille.

Il était allongé sur son lit, sur ce matelas de paille sèche, il faisait presque jour. L'aurore pointait à l'horizon, quelques rayons de soleil passaient à travers les lattes de bois de la porte, à travers la petite fenêtre. Peter avait saisi la main d'Abigaël et l'avait serrée, serrée à en blanchir les jointures. De sa main libre il avait attrapé la nuque de sa fille adoptive pour la rapprocher de lui. Elle s'était penchée vers lui, il avait alors saisi quelques mèches de la longue chevelure noire et les avait humé puis caressé. Ensuite seulement il avait parlé. Ses derniers mots restaient gravés dans la mémoire de la jeune femme.
« Ma fille chérie... Pardonne-moi...Pardonne-nous... ».

Elle n'avait pas compris ce qu'il avait voulu dire. Elle ne comprenait toujours pas.
Abigaël était restée telle qu'il l'avait toujours connue, soucieuse d'aider son prochain, et, même si elle savait que le monde n'était pas rose, elle le prend toujours du bon côté, cherchant à voir en chacun la part de lumière. Ce qui contrastait toujours avec son stress de voir sa vie s'écrouler par l'arrivée de monstres ou de bandits.

Sa première rencontre avec Ada et leur amitié naissante et grandissante était du fait de l'autre jeune femme. Elle avait fait le premier pas, rassurant la nouvelle arrivée, et l'avait aidée, conseillée de son mieux. Abigaël s'était détendue peu à peu. Ada était à présent sa seule amie. D'une gentillesse pourtant à toute épreuve, elle ne sait pas faire de mal aux gens. Et, si par malheur cela arrivait, ça serait inconsciemment. Légitime défense? Elle ne sait pas ce qu'est ce mot. N'a jamais su se défendre, n'a jamais dû le faire non plus. Enfin, pas depuis des années.

La jeune femme soupira. Tourna le dos à son miroir et s'adossa au mur, les yeux dans le vague. Il lui semblait que tout pouvait changer, pourtant. Qu'elle pouvait refuser de rester cette jeune femme à l'apparence si jeune et si fragile. Elle pouvait être quelqu'un d'autre. Elle qui ne disait jamais un mot plus haut que l'autre, elle qui restait serviable en toutes circonstances... Oui elle pouvait changer, depuis quelque temps elle en avait la certitude.
Elle n'en avait pas envie, mais l'appel de la mer, si proche, lui tenaillait le ventre. Les flots l'appelaient, lui hurlaient de venir, comme une voix au fond d'elle-même. La violence était en elle, elle le savait. Elle la sentait, rampante, attendant le bon moment pour sortir. Depuis longtemps, Abigaël résistait à l'appel du large, résistait à l'appel de l'océan, plus fort que jamais à Caamelot. Personne ne le savait. Ni Ada, ni Matthew qu'elle regarde plus intensément depuis quelques temps. Enfin, qu'elle ne regarde pas serait plus juste ! Trop timide, elle n'ose pas s'approcher de lui pour lui parler. Elle ose à peine lui jeter quelques coups d'oeil.

Abigaël soupira, ferma les paupières. Dans une autre vie, elle oserait enfin aller vers lui. Dans une autre vie, elle serait plus forte, moins timide, elle serait moins facilement voire pas du tout quelqu'un qu'on blesse. Dans une autre vie, elle serait moins naïve, elle pardonnerait moins. Dans une autre vie, elle oserait plus.

Oui, dans une autre vie, elle serait tout cela. Deux éclairs déchirèrent le ciel d'un même mouvement, le tonnerre gronda.
Elle rouvrit les yeux, contemplant la nuit noire. L'appel devenait insistant. Abigaël se tourna vers le miroir. Dans la lumière d'un nouvel éclair, l'image que la glace lui renvoya fut celle d'une femme aux yeux noirs, aux cheveux noirs mouillés dans lesquels s'entrelaçaient finement quelques algues. La servante cligna des yeux et l'image redevint celle qu'elle avait toujours connue. Une jeune femme aux traits encore juvéniles, une jeune femme trop innocente et trop gentille pour être autre. Abi fronça les sourcils. C'était étrange, elle aurait juré... Elle devait avoir mal vu, non? C'était forcément ça.

La jeune servante se passa la main dans les cheveux, soudain très lasse. Elle alla jeter un dernier coup d'oeil à la fenêtre et retourna s'allonger. Elle s'endormit aussitôt ; sa nuit fut peuplée de créatures aquatiques étranges, ni homme ni cheval...






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Dernière édition par Abigaël le Ven 5 Oct - 18:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Abigaël [Fiche Finie]   Lun 26 Oct - 10:38

Validé

Comment pourrais-je avoir quelques choses à redire à cette fiche

Bon Jeu

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