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 Sous la bruine [pv avec Lapinou]

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Folie Vagabonde

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MessageSujet: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Ven 6 Nov - 19:11

Des arbres. Partout, à perte de vue. Ou plutôt, bloquant la vue. De hauts troncs sombres qui s’élançaient silencieusement vers le ciel, plein de grâces et de majesté. Koralwinn aimait la façon dont le paysage changeait à chaque pas, dont les futs mouvants révélaient ce qui était caché un instant plus tôt. Elle aimait la forêt. Elle aimait sa lumière douce et tendre, à la fois verte et dorée, qui nimbait tout d’un halo féérique. Elle aimait son odeur de terre, son odeur végétale. Elle aimait plus encore quand la bruine tombait délicatement, presque sans bruit. La forêt mouillée était magnifique. Les couleurs fauves prenaient de l’assurance, de la force et de l’intensité ; le brun devenait presque noir sans en perdre sa chaleur ; le jaune terne laissé là par un été un peu sec flamboyait d’or orangé. Même les odeurs que la jeune femme aimait tant étaient décuplées.

De temps à autre, une goutte accumulée sur une feuille tombait de branche en branche dans un fracas discret. Mais derrière cette symphonie humide, derrière le rythme des pas de Koralwinn contre le chemin terreux, le silence régnait. Le silence de la forêt, malgré la musique permanente du vent dans les feuilles, était toujours palpable. C’était tellement reposant… La jeune femme se sentait bien, seule au milieu de cette immense forêt, trempée par la pluie comme les arbres, couverte jusqu’aux genoux de la boue des flaques d’eau. Les arbres avaient ce faste trop lourd qui s’écroule presque sur lui-même, caractéristique du moment où on ne sait plus trop si c’est la fin de l’été ou le début de l’automne. Certains d’entre eux commençait même à être auréolés de ce sage incendie qui brûlait les feuilles jusqu’à la fin de l’hiver, jusqu’à ce qu’elles tombent et pourrissent dans la terre sombre et nourrissante.

Koralwinn se contentait d’être là. Elle marchait, droit devant. Elle ne savait pas où elle allait. Elle savait encore moins d’où elle venait. Elle savait juste qu’elle était là, sans racines, au milieu de cette forêt ancestrale. Elle ne se rappelait même plus où et comment elle avait dormit la nuit précédente. Ses souvenirs s’étaient déjà noyés dans la myriade de rêves et de fantasmes qu’elle entretenait sans même y penser. C’est à peine s’il lui restait le souvenir diffus de deux yeux d’homme en train de la contempler avec une admiration sans borne. Un regard destiné à une reine ; qu’elle n’était sans doute pas, où alors juste la reine du possesseur de ce regard. Reine au fond de ses deux yeux gris pâles. Le reste du visage, elle ne l’avait pas retenu, elle le confondait avec des dizaines d’autres. Cela n’avait pas d’importance.

La jeune femme avançait dans le bruit de ses propres pas. Tout droit entre les troncs sombres et rassurants. Avec pour seul bagage, son prénom et une paires d’yeux gris dans sa mémoire chaotique.

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Ven 6 Nov - 22:20

Ah, la pluie ! Enfin, si on pouvait appeler cela une pluie, bien entendu. C'était plutôt une pluine. Ou une bruine. Ca dépend un peu des références de chacun. Toujours était-il qu'il aimait la pluie, et plus encore, peut-être, ce genre de pluie, surtout sur sa très chère Forêt. Bien sûr, il aimait tous les temps sur sa très chère Forêt, mais celui-là plus que certains, même si c'était également moins que sur certains autres. Moins que le premier jour du printemps, dans un doux soleil, moins que le coeur de l'hiver couvert de neige. Mais il ne classait pas vraiment ses préférences. Ou peut-être que si, en fait... C'était difficile à dire. Beaucoup de choses étaient difficiles à définir avec lui, surtout, oh oui surtout, quand il était question de ce qui se passait dans son esprit tortueux et indéfinissable. Cela faisait sans doutes partie de son « charme » et de ses talents, cela participait sûrement à la grandeur de ses dons, incomparables et rarement comparés... D'ailleurs, quand il l'étaient, cela n'allait que très rarement, pour ne pas dire jamais, sans tourner à son aventage.

« Lui », « il », c'était un Mage. Ou plutôt non. Pas un Mage. Le Mage. The Mage. Le seul, l'unique ! Gil-Galad Vorondwë, Magicien personnel du Roi Llandon, le Mage Royal, premier entre tous. Si pas le plus doué, alors l'un des plus grands, et il n'était même pas dit que quiconque puisse le surpasser si jamais une épreuve venait un jour. Il surpassait tous ceux qui lui avaient enseigner les Arcanes, tant en puissance qu'en vitesse d'exécution. Il pouvait élaborer un sortillège en quelques fractions de secondes et ramener un homme – ou une femme – des porte même de la Mort. Oh, et puis bien sûr, comme on peut le voir, il surclassait aussi la plupart des gens en arrogance. Pas en hautainté, attention, il ne fallait pas confondre. Il n'était pas hautain... Disons pas la plupart du temps. Mais il avait de la fierté, une grande fierté, et une incroyable estime de soit. Convaincu de la supériorité de ses talents et de son intelligence, et non sans raisons, d'ailleurs, il poussait juste parfois le bouchon un tout petit peu trop loin...

Ce jour-là, il se promenait dans les « faubourgs » de sa Forêt, la partie où les Elfes n'habitaient pas – pas vraiment, disons – mais qu'ils considéraient tout de même comme leur. Mais où les étrangers pouvaient bien se ballader... Plus ou moins. Parce que s'il avait croisé un Humain du genre déplaisant... Sale, grossier, barbare, quoi... Le dit Humain trouverait enfin une utilité en étant transformer en fertilisant pour les arbres, le tout en accéléré, bien entendu. Il ne fallait pas laisser tout ça gâcher le paysage. Pour en revenir à nos papillons, il se promenait... Pour le plaisir de se promener. Cela faisait un moment qu'il n'y avait plus eût ce genre de pluie légère et bienfaisante, aussi avait-il choisit d'en profiter. C'était agréable, et le fait d'être mouiller ne le dérangeait pas. De toute façon, il pouvait se sècher d'un geste ou d'un mot. Il aurait pu se protéger à peu près aussi facilement, mais alors, où aurait été l'intérêt de cette petite promenade, hein ? Son instinct et ses perceptions naturelles lui permetaient facilement d'éviter les douches qui dégringolaient parfois d'un coup des branches, et le reste ne le gênait pas.

Bon, bien entendu, il y avait certaines autres choses, comme la boue, dont il pouvait bien se passer... Il n'était pas un netoyeur, non plus, même s'il aurait pu le faire, aussi avait-il chantonné avant de partir un petit sort qui le faisait marcher sur le sol boueux comme s'il eût été sec. Enfin... Pas tout à fait. Disons qu'il ne s'enfonçait pas, et voilà tout. L'expérience n'étant comparable à rien, un peu entre marcher sur l'eau et le faire sur de la neige – sans s'enfoncer non plus –, il n'est pas vraiment possible de l'expliquer dans un tel récit. Ses jambes étaient aussi protégée par un bouclier léger contre la boue, encore une fois difficile à décrire puisque la dite boue choisisait de ne pas tâcher le vêtements aussi noir que le reste des habits du Mage, ce jour-là comme beaucoup d'autres. Du reste, à part cela, il était assez négligé, les cheveux un peu désordonnés et les vêtements, s'ils étaient propres, un peu froissés. Il n'était pas, n'avait jamais été et – il l'espérait de tout son coeur – ne serait jamais un courtisan. Il était Magicien. Un bon et glorieux Mage. Voilà comment il servait son Roi.

Tandis qu'il rêvassait, perdu dans les limbes sans limites – ou alors vraiment très, très, très lointaines – de son esprit, quelques notes lui parvinrent, qui suffirent à le faire s'arrêter. Pas de « vraies notes », même si elles étaient plus vraies qu'aucune musique. Les notes d'un Chant, un Chant si intriguant qu'il pencha légèrement la tête sur le côté pour l'entendre. Il se mêlait très bien à celui de la pluie et à celui, toujours présent, de la Forêt. Et au Silence. Précieux, le silence. Son évoquation lui apporta une bouffée de sensations, souvenirs ou prémonitions – il n'aurait sû le dire – qui suffit à lui faire prendre une décision. Il irrait voir de plus près cette Mélodie si intriguante et... celui ? ... Non, celle, à qui elle appartenait. C'était là un Chant étrange, pas celui d'une folle – pas vraiment – mais différent de ce qu'il connaissait. Impossible qu'il passe à côté de ça ! Il était trop curieux, beaucoup trop, cela faisait partie de ses qualités de Mages, et de plus les Chants étaient une partie de la Magie, certes plus accecible que les Arcanes, moins secrets, mais une partie tout de même...

Il était chez lui dans la Forêt et il y fillait comme le vent, quand il le voulait, sans rien déranger de ce qu'il y avait sur son passage. Il était un de ses Enfants, et du reste il y avait passé de longues heures pendant de longues années avant de trouver sa voie – avant que le Roi ne lui permette de la trouver. Il arriva rapidement devant l'Humaine. Car c'était une Humaine, bien sûr. Jeune. A la chevelure d'un noir profond. Il le voyait, bien des Humains l'aurait dite belle. Voir fascinante. Mais il était un Elfe. Et il était Gil-Galad. La Magie était fascinante et belle. Devant elle, toute chose palissait comme une bougie devant le soleil, et plus encore. D'un pas sûr, il s'avança devant elle. Ici, plus encore qu'ailleur, il était maître de lui et de toutes choses. Son regard trouva le sien, son regard d'un bleu si profond, si insondable, qu'on aurait pu le croire venu du coeur de l'océan, son regard teinté par les circonvolutions infinies et indescriptible de la Magie. Un regard qui ne se troubla pas, mais qui pétillait... De quelque chose d'indescriptible.

« Salutation, demoiselle. Savez-vous que vous voyagez dans la Forêt des Elfes ? »

Chantante, sa voix, un peu, et non pas froide comme elle aurait pu l'être en d'autres occasions. Non dénuée d'une certaine ironie, non plus, au même titre que le fin sourire qui vint étirer ses lèvres...

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Sam 7 Nov - 12:57

Elle était seule dans la forêt, seule sous la bruine et aux milieux des arbres. Elle rêvassait tranquillement à propos d’une lointaine paire d’yeux gris. Et soudain, deux autres yeux se matérialisèrent sans un bruit juste devant elle, un peu en hauteur parce que leur possesseur la dépassait d’au moins une tête. Comme ça, d’un seul coup, sans qu’elle n’ai rien vu ni entendu venir. De surprise, elle s’arrêta de marcher. Elle se planta bien droite dans une flaque de boue noire et profonde, l’eau ruisselant sur ses cheveux libres. Elle n’avait pas eu le loisir de choisir où s’arrêter, et c’était tombé, semblait-il, sur la plus profonde des mares de bourbe de toute la forêt. Tant pis. Elle y resterait.

Les yeux gris se dissipèrent comme une brume trop fragile dans le matin. Ne restèrent que les deux grands yeux bleus foncés de la créature qui se tenait en face d’elle. Ce n’était pas un humain. Elle en était absolument certaine. C’était une créature du silence, qui savait faire corps avec la forêt au point de disparaître entre les troncs et les notes jouées par la pluie. Et ces yeux… Elle apercevait un autre univers, derrière, une multitude de choses nouvelles de fascinantes, comparables, presque, à ses propres yeux. Ils avaient la couleur changeante de la mer, dans toutes ses nuances. Comme un petit océan capturé dans le cercle de deux iris, avec ses colères gris métallique, ses reflets de ciel bleu presque clairs et ses teintes vert émeraude ; sans oublier quelque rare moutonnements d’écume… Et les vagues, même, étaient là, de vraies vagues lentes et puissantes, comme un cataclysme au ralentit.

Elle essayait de l’absorber, de capturer ce… cette… cette créature. D’enfermer son monde à l’intérieur du sien, d’aspirer ces deux yeux sans fonds derrière les siens. Derrière ses yeux plus doux que le chocolat, plus durs que l’écorce humide et plus fertiles que la terre de la forêt. Ses yeux sans fonds et sans limites, qui aspiraient tout dans le tourbillon de rêves, dans la danse folle des mondes qui l’habitaient. Elle s’aperçu vite qu’il lui faudrait quelques temps pour y parvenir. Cet être recelait quelque chose d’inconnu, il était le théâtre d’une entité que Koralwinn n’avait encore jamais rencontrée. La magie. Elle le sentait. Elle sentait la magie qui habitait la créature, qui bouillonnait dans ses veines et derrière ses yeux fascinants. La magie.

Elle se rendit compte avec un certain temps de retard, comme toujours, que l’être silencieux lui avait parlé. Ce n’était pas un problème. Il était du genre à apprécier le silence dans toute sa richesse lourde de sens, et l’attente pour ses tensions que nul mot ne peut traduire. Ses paroles résonnèrent, comme un écho, dans la chaleur de l’esprit de la jeune femme. Il l’avait appelé ‘’demoiselle’’ avec une sorte de respect ironique, mais qui n’en était pas moins du respect. Et… La forêt des elfes. C’était donc un elfe. Un elfe magicien. S’il était rare de rencontrer un elfe, rencontrer un elfe magicien l’était encore plus – presque considéré comme impossible. Inimaginable. Cela surprit à peine Koralwinn. Le sourire dévastateur qui se formait comme un ouragan cloitré en son sein s’empara soudain de son visage, le colonisa, l’asservit. Elle n’était plus qu’un immense sourire sans fin.

Elle détailla un peu plus l’elfe, à travers son sourire. Il était habillé en noir, comme une ombre ; sans une seule tâche de boue sur ses jambes souples. Par contre, il était littéralement trempé. Il dégoulinait d’eau de pluie, comme la jeune femme. Il l’avait certainement fait exprès, s’il était capable de se protéger de la boue. Lui aussi aimait la bruine qui chantait sur les feuilles vert sombre. Du reste, malgré sa propreté, il ne semblait pas apprécier particulièrement la compagnie des miroirs. Il était presque – presque – aussi décoiffé que la jeune femme.

Elle repensa qu’il lui avait parlé, et qu’elle était probablement sensée lui répondre. Elle savait, un peu comme un mélange d’intuition et de certitude, que l’elfe savait lire ce qu’elle voulait bien lui monter de ce qu’elle pensait. Ce qu’elle laissait prendre possession de son visage, en clair. Mais ce qu’elle décidait de garder au creux de son esprit tortueux, cela, ça ne lui appartenait qu’à elle et uniquement à elle. Sa tête était inviolable. Un véritable coffre fort. Elle hésitait à parler, de peur que sa voix soit dissonante au milieu de la musique de la forêt. Elle avait peu de briser la magie de cette symphonie humide et fertile. L’elfe savait exactement où placer ses mots, ses intonations, pour que sa voix s’intègre au concert ambiant ; elle avait peur de ne pas y réussir. Elle avait peur de déranger la bruine et les troncs. Alors elle éclata d’un rire clair et ravi, qui ressemblait à un ruisseau d’eau fraîche. Les sons chaotiques se mêlèrent à la pluie, bien mieux que ne l’aurait fait ses paroles soigneusement contrôlées.

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Sam 7 Nov - 22:27

Bien sûr, il y eût le silence. Riche, le silence. Ponctué par l'infinitée de bruits de la forêt, par celui de l'eau qui, doucement, tombait du ciel. Il amait la pluie de mille et une manières, de mille et une façon, et l'une d'elle était celle des plantes, de sa très chère Forêt, un des amours d'une entité qui aimait tant et tant... Il l'amait, car elle était promesse de vie, promesse de prospérité et de joie, de soleil à venir. C'était le rappel de l'espoir. Elle avait le goût du miel et du jus de fruit sucré. Elle disait la Mer et la Rivière, la Source et le Fleuve. C'était l'eau, sans laquelle aucune vie ne serait, c'était le début et, sans doutes, ce serait la fin. Après et avant la Magie, et certes pas l'inverse, mais il avait toujours aimé la pluie, comme les Bois Enchanté l'aimait, incondisionnellement, tout comme chaque temps de chaque saison de chaque année de chaque ère qui était passé sur cette étendue verdoyante depuis que le premier arbre avait poussé là, bien longtemps au par avant, si longtemps que même dans la mémoire des Elfes c'était un temps bien éloigné...

Il l'aimait aussi, le silence. Pour tout un tas de raisons. Plus nombreuses même que pour la pluie qui s'y intégrait merveilleusement bien. Et celui-ci lui plaisait particulièrement. Peut-être, non sûrement, à cause, ou grâce, de son interlocutrice... Si on pouvait appeler cela une interlocutrice. Ou plutôt à cause de son regard. Il n'avait certes pas autant de teintes et de nuances que le siens propre. De ses yeux, ses yeux à lui, qui semblaient refleter toute la beauté de l'Océan lui-même. Ceux de la jeune femme étaient simplement brun. Non pas noisettes, pas totalement, mais plus riche, plus profond, plus comme celui du riche terreau de sa très chère forêt... Et pas totalement. Pas totalement comme l'écorse d'un arbre, ni comme le plumage des oiseaux. Pas comme la boue remuée ni comme la flèche qui fend l'air entre deux instants. Plutôt comme une rumeur lointaine, de plaines immenses et de cité perdue dans entre les géants végétaux. Rien que sa couleur était, sinon remarquable, tout du moins intéressante... Pour lui, ce qui ne voulait pas dire grand-chose, car il était unique dans son genre et dans l'absolut.

Mais il y avait aussi le regard lui-même. Profond. Presque sans fin. Oh, un autre les auraient peut-être dit sans fond. Ses propres yeux n'avait qu'un fond si lointain que nul ne l'avait jamais perçu. Mais pas lui, encore une fois. Et toujours pour les mêmes raisons. Pour la même raison. La Magie. Il y avait la Magie. Et il avait vu la Magie, l'avait contemplé, c'était plongée dans ses infinis méandres, pour n'en revenir parfois qu'avec de grandes, bien grandes difficultés. La Magie, elle, était absolument sans limites. Mais tous le reste en avait une. Même l'Océan avait un fond, bien, bien loin sous sa surface. Même la version à la fois plus petite et plus grande de ses iris connaissait une fin. Et même ceux de la femme, de l'Humaine qui lui faisait face. Bien qu'elle fût lointaine, cette fin, presque impossible à percevoir, il savait qu'elle existait, comme il savait le vent et la couleur de la joie. Comme il savait le sommet d'un cercle et le goût de la peine. La beauté de l'invisible, le son du silence et le sens de la folie. En le sachant, tout simplement.

Sans doutes restèrent-ils un moment, si ce n'est longtemps, à ce regarder ainsi, et pourtant, Gil-Galad ne fût pas engloutit par ces yeux qui, il le sentait, avait dû submerger bien des gens. Parce qu'il était Mage, et que la Magie avait façonné son être. Parce qu'il était Elfe, et que la Forêt savait son Chant. Parce qu'il était lui, et qu'il connaissait le nom de chacune des heures. Et pour tellement d'autres raisons ! On eût dit que rien n'était jamais simple, que tout était, que tout devait être complexe. Toujours et en tout occasion. Ou alors on aurait pu dire que tout était d'une incroyable simplicité. A chaque seconde qui passait sur son l'immortelle flamme de son être. En vérité, il était complexe dans sa simplicité et simple dans sa complexité, ce qui était à la fois si simple et si compliqué que ça en devenait digne de lui. Il n'y avait pas de mot pour le décrire, et pourtant, dans ces deux mots, dans ces deux son, tout était dit, tout serait toujours dit, la somme de ce qui était et de ce qui serait, et plus que cela... Gil-Galad...

Finalement, elle sourit. Un sourire si puissant, si conquérant, qui semblait prendre possetion de son visage sans rien demander, en exigeant seulement, qu'il réussi à agrandir un peu le sien. Un peu, ou un peu plus qu'un peu. Par ce qu'il était imprévisible, comme toujours... Imprévisible Incarnation de la Magie Chaotique et Vagabonde... Oui, définitivement, ça le qualifiait bien, mieux que beaucoup d'autres mots, même si bien des mots auraient aussi mérité de figurer dans ce petit descriptif. Seulement voilà, ceux-là semblaient sonné plus... Juste. Oui, juste. Il aurait pu parler de folie, de temps, de subtilité, de beauté, d'incalifiable, de magnifique, d'indescriptible, de magnifiscance, de myriade, d'apocalypse – ne me demandez pas pourquoi – d'infinité et de bien d'autres choses. Sauf qu'il ne parlait pas. Il pensait. Et qu'il ne l'avait pas fait. Parce que voilà. C'était ainsi, et pas autrement. Sans doutes cela faisait-il partie de sa complexe simplicité tellement teinté de chaos qu'on aurait pu la croire magique... Ce qu'elle était peut-être.

Pour en revenir à nos champignons – ou papillons, ou montons, si vous préférez – Gil-Galad la regarda sourire, souriant toujours lui-même, et le temps passa encore. Le Temps passait toujours, et il aimait, autant que lui peut-être, le silence emplit de bruits et silencieux de la Forêt. Surtout sous la pluie. Et puis la jeune inconnue brisa le silence. Elle avait semblé, son Chant avait semblé, brièvement incertain, mais cela n'avait pas durer. D'ailleurs, cela ne perturbait pas le Mage. De toute façon, il n'était pas facilement perturbé. Pas plus qu'il ne l'était déjà, tout du moins. Et le rire ne le perturba pas plus. Instinctivement, primitivement, il rit lui aussi, et son rire disait la pluie, et une légion de clochette argentine sonnant d'une vie cristaline dans le vent mort des plaines du Nord, là où jamais ne naît aucune brise. Un rire qui semblait être fait pour ce temps et ce lieu, nécéssaire et dérisoire. Si plein de beauté qu'il en devenait beau lui-même. Et puis les rires ce turent – ô tristesse ! – et le Silence reprit ses droits, comme toujours...

Ce n'était certes pas lui qui briserait jamais un si beau silence... Non, certes pas...

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Mar 17 Nov - 17:16

Enfin. Enfin, elle avait atteint le fond de ses yeux d’océan. Ca avait été un long, beau et immobile voyage ; avec comme fond sonore la symphonie humide de la bruine. Elle avait appris. Elle savait. La magie… Elle n’avait pas appris à s’en servir, mais elle avait appris. Beaucoup de choses, assez disparates. Tout d’abord, à la reconnaître, la magie ; à la déceler au fond de n’importe quel être, de n’importe quel objet susceptible d’en porter en lui. Et puis, son exacte nature, quelques rudiments de théorie. Cela ne paraissait peut être pas très utile, à première vue, mais c’était du savoir ; du précieux savoir. Et Koralwinn n’avait pas vraiment d’autre but, dans la vie, que d’entasser du savoir comme d’autres récoltent les pièces d’or ; et de s’émerveiller de tout ce qu’elle rencontrait pendant sa recherche, comme d’autre pourfendaient tout ce qui se trouvait en eux et le Graal. Et encore. Il y avait des jours où elle changeait d’avis.

La pluie tombait toujours alors que les rires s’étaient éteints, éphémères et volatiles créatures résonnant brièvement dans la solennité de la forêt. Fous, ils étaient fous, à n’en pas douter ; se serait immanquablement dit un improbable observateur extérieur. Improbable, parce que la jeune femme savait que l’elfe aurait senti l’approche de n’importe quelle créature dans un rayon d’au moins plusieurs dizaines de kilomètres, si ce n’était bien plus. Elle avait vu tant de chose, dans ces yeux d’océans. Il lui semblait que sa peur de détruire le fragile équilibre des sons de la forêt s’y était diluée comme une goutte d’eau minuscule ; une paix inconnue l’envahissait, pour la première fois. Elle n’avait pas envie de rire. Juste, peut être, de sourire doucement. Elle se sentait… Sereine. Oui, sereine. Et c’était totalement nouveau.

- Non, je l’ignorais, déclara-t-elle soudain.

Sa voix s’ajustait parfaitement dans les trous entre les gouttes de pluie, comme si toute sa courte vie elle s’était entrainée à y chanter.

- … Et je me vois mal vous appeler messire. Quel titre donne-t-on aux elfes magiciens de sa majesté le roi Llandon ?

Elle avait réellement beaucoup appris, dans cette immersion. Comme toujours, d’ailleurs ; mais dans cet être il y avait plus de contenu que dans beaucoup d’autre. Les elfes étaient… profonds. Ou celui-ci, en tout cas. Heureusement, elle ne lisait pas tout ; juste ce qu’il fallait pour avoir une multitude de questions passionnantes à poser. A présent qu’elle avait découvert comment accorder sa voix à la forêt, Koralwinn avait envie de parler, de parler des heures durant. De faire jouer sa voix avec les feuilles, avec le vent, avec les gouttes de pluies ; elle voulait parler jusqu’à devenir un petit bout de forêt. Et l’elfe qui lui faisait face était un autre petit bout de forêt. Deux petits morceaux de forêt au milieu de la forêt elle-même. Rien qu’en chantant des mots entre les notes de la bruine.

- Pourquoi méprisez-vous à ce point les humains ? Je trouve qu’ils racontent de jolies histoires… Et parfois, même, ils les vivent. L’inconvénient, avec les cerfs, les ours et les écureuils, c’est qu’ils ont rarement des talents de conteurs. Pour les arbres, je ne sais pas, en toute honnêteté je n’ai jamais eu de conversation avec un arbre, fit-elle en souriant ; mais ils doivent penser un peu lentement, non ? Remarquez, si j’avais l’honneur de parler à quelque chose dans cette forêt, je choisirais le vent. J’aime le vent. Et je sais qu’il m’aime aussi.

Et voilà qu’elle était devenue intarissable. Pourtant, d’habitude, quand Koralwinn parlait, c’était par phrases assez courtes et très espacées. Mais là, elle ne parlait pas vraiment ; elle chantait, plutôt. Elle essayait de chanter avec la forêt, avec la pluie, le vent, la rivière qui grondait ou loin… Elle se rendit compte qu’elle n’entendait pas cette rivière un instant auparavant. Son ouïe s’était-elle affinée ? A moins que la bruine n'ai décru, laissant à présent mieux passer les sons lointains...

- J’aimerais bien parler à cette rivière que je viens d’entendre aussi, ça doit beaucoup voyager une rivière. Les voyageurs ont souvent des choses passionnantes à raconter. Et puis voir le monde du point de vue d’une rivière, ça doit-être franchement exotique ; même les choses les plus banales. En plus, j’aime beaucoup la… voix de cette rivière. Elle chante… Elle chante.

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Sam 21 Nov - 14:46

Méandres sinueux des infinies spirales, qui lentement se déroulent dans les ombres claires-obscures, lumière tamisée d'une lueur irréelle, expression vagabonde d'un élément indéfinissable dans son intégrité chaotique, vents aléatoire d'un hasard absolut, qui ne saurait jamais être figé en un mot, ou même en une phrase, un texte ou une bible. Une vie même ne pourrait suffire pour transcrire sur une infinité de feuille ne serait-ce qu'un minuscule fragment de cette multiplicité de reflet impossible à décrire, fût-ce même une vie d'Elfe ou une vie de Dieu. Ni l'intellict sagace et sous-marine des Selkies des profondeurs, ni la rage sauvage et barbare des Fomoires flamboyants, ni la médiocrité ridicule et tortueuse des Humaines éphémères, ni les divers et puissants talents des Enfants du Sidh ni même, non point, non point, l'éternité et la réflexion sans fin des Elfes transcendés par leur perfection, rien, rien, rien de tout cela, ne pouvait traduire ou comprendre cette beauté sans frontière, cette non-existance si existancielle, si tangible et si insaisisable en même temps.

Mais il y avait la Folie, la Folie du Mage, qui savait cette chose qu'aucun mot ne figeait et qui pourtant répondait à l'un d'entre eux, qu'aucune sonnorité ne pouvait exprimée mais qui se reflétait dans un son fugitif, qu'on ne pouvait nommer mais qui pourtant avait un nom, sans début et sans fin, mais non point sans milles commancements et milles expiations : la Magie. Rêve, songe et soupir à la fois, jamais présente dans ce présent immédiat, toujours attendant dans le futur informulé ou sommeillant déjà dans un passé s'évadant. Gil-Galad était ainsi, Mage de la Magie, comme certain Rêvait le Rêve ou Tissaient la Toile. Les Arcanes étaient son Rêve et sa Toile, son Songe et son Voile, qui était avant lui et serait après lui, toujours immuable et pourtant à jamais changé. Il était un fragment, un fragment infinitésimale et pourtant si grand, de cette chose qui était lui en étant tant et tant d'autres choses, fils de la Magie avant même d'être Enfant de la Forêt. Avant tout et par dessus tout, Mage façonné jusque dans les dernières limites de son être pour être ce qu'il était, ça et pas autre chose, ni maintenant ni jamais.

Et cette Humaine... Elle était folle, elle aussi, cela ne faisait aucuns doutes, même si ça folie n'était sans doutes pas semblable à la sienne propre, certes pas, certes pas. Mais aucune Folie n'était semblable à la sienne, à cette essence de Mage si accordé à sa Magie que pour elle il aurait pu réduire sa Forêt en cendre stérile. Elle était folle, toutefois, d'une follie assez folle puisqu'elle avait pu atteindre le fond de ses yeux océanique, et voir au passage les Arcanes informulées et primaires qui y sommeillaient. C'était étonnant, de la part d'une Humaine, mais il avait apprit, au fil des ans, que certaines Humaines étaient ainsi, et que c'étaient sans doutes les plus remarquables, mais si les autres savaient aussi se montrer intéressantes, de temps en temps. Sans doutes avait-elle l'habitude de faire ça avec d'autres de sa race, mais il ne l'était pas, lui, il était un Magicien, un glorieux Magicien et un glorieux fou, en plus d'être Elfe : il avait vu un peu de cette jeune femme des plus singulière, même de son point de vue si particulier.

Son sourire, à elle, était aussi doux et calme que le siens propre, s'accordait parfaitement au lieu et à l'atmosphère du moment, oui, parfaitement. Sa voix aussi s'y intégrait bien, dans cette Forêt pluvieuse, peut-être grâce à lui et à l'exploration de son regard... Car elle parla, finalement.

« Non, je l’ignorais... »

Il n'avait pas oublié ce qu'il avait demandé, tout au début. Tous ces détours n'étaient que des circonvolutions, comme celles de la Magie... Moins complexe, bien entendu.

 « … Et je me vois mal vous appeler messire. Quel titre donne-t-on aux elfes magiciens de sa majesté le roi Llandon ? »

Nulle surprise ne jaillit en lui à cette question. Les informations qu'elle détenait ne le surprenait pas une seule seconde. Elle était folle, après tout, et « fou » aurait pu être son propre nom, car tous les Mages, tous les vrais Mages, étaient fous... Complètement.

« Pourquoi méprisez-vous à ce point les humains ? Je trouve qu’ils racontent de jolies histoires… Et parfois, même, ils les vivent. L’inconvénient, avec les cerfs, les ours et les écureuils, c’est qu’ils ont rarement des talents de conteurs. Pour les arbres, je ne sais pas, en toute honnêteté je n’ai jamais eu de conversation avec un arbre, mais ils doivent penser un peu lentement, non ? Remarquez, si j’avais l’honneur de parler à quelque chose dans cette forêt, je choisirais le vent. J’aime le vent. Et je sais qu’il m’aime aussi. »

Elle parlait beaucoup, oui, posant beaucoup de question aussi, mais il absorbait le tout, mieux que le terreau et la mousse absorbait l'eau de pluie. La Forêt avait une limite. Pas lui...

« J’aimerais bien parler à cette rivière que je viens d’entendre aussi, ça doit beaucoup voyager une rivière. Les voyageurs ont souvent des choses passionnantes à raconter. Et puis voir le monde du point de vue d’une rivière, ça doit-être franchement exotique ; même les choses les plus banales. En plus, j’aime beaucoup la… voix de cette rivière. Elle chante… Elle chante. »

Et lui il rit. D'un rire puissant, qui était aussi un Chant, dans tous les sens du terme. Quant à la Forêt, elle sembla se taire, un instant, pour écouter. Plus de glougloutement de l'eau, plus de bruit des milles et unes bêtes, plus de froissement de feuille. Juste un silence absolut pour ce rire absolut... Car tel était le gouffre des pouvoirs de cet Elfes, dont les yeux d'océan laissaient, pour une fois, scintiller sa folie. Et puis le rire ce tû, et la Forêt reprit ses bruits.

« Je suis l'ombre de l'ombre, qui lentement s'ombrage dans l'ombre, et la lumière sourde qui éclaire toutes ténèbres. Je suis l'onde et la lame, qui tournoie toujours, et l'instant coupé en deux dans les sombres cieux. Je suis Gil-Galad. »

Sa voix, à présent, faisait plus que se glisser dans les interstices entre les goutes, elle semblait y danser, animer l'air pour le magnifier, comme si ce n'était plus elle qui battait au rythme de la Forêt, mais la Forêt qui battait au sien.

« Je ne méprise pas les Humains, plus vraiment... Ils enfantent bien trop de choses différentes pour être entièrement méprisables, même si certains de ces enfants ne valent même pas mon mépris. »

Oui, certaines personnes qu'il avait, bien évidemment, transformer en fertilisant quand il les avaient rencontrés...

« Par contre je dois dire, que je ne suis point d'accord avec vous sur un point. J'ai toujours trouver que les écureuils avaient bien des choses à raconter. Point autant que les aigles, bien entendu, mais tout de même, ils savent être captivant, quand on veut bien les écouter. Et j'ajouterais que mon peuple, comptent bien des histoires... Encore que je sois prêt à laisser le bénéfice du doutes à ceux de votre propre race. »

A la vérité, il n'avait encore jamais eu l'occasion de recontrer un troubadour Humain... Il se promit distraitement de réparer cette lacune.

« Je compatit également au malheur que vous me dites vôtre, de ne pouvoir entrendre arbres et rivières... C'est bien dommage pour vous, car ils sont vu maintes choses, comme la Forêt elle-même, qui parle si bien de temps d'horizons lointain, confié par le vent dans ses feuilles et l'eau dans sa terre, par chanter demain et hier... Et parfois maintenant... »

Prit d'une impulsion subite, animale, comme pouvaient parfois en avoir les siens, et assez fou pour l'écouter encore, il s'approcha de l'inconnue en deux pas irréels et posa une main sur son frond.

« Voudriez-vous vraiment parler au vent, qui s'en va et revient sous les frondaisons immuables, chantant son Chant dans les branches et les rameaux, à jamais jusqu'au présent ? »

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Dim 24 Oct - 19:23

Elle était occupée à essayer d’imaginer les histoires qu’un écureuil pourrait avoir à raconter, riant presque toute seule, quand une main se posa avec légèreté sur son front. Le contact était à la fois chaud et rafraichissant – surement une particularité rependue de la peau elfique. Mon dieu, que lui arrivait-il ? Qu’est-ce que cet elfe complètement fou venait-il de lui dire ? Elle essaya désespérément de rassembler ses pensées, trop abasourdie pour y parvenir. C’était… En rapport avec… Le vent. Mon dieu. Le vent. Oui. C’était ça. Le vent. Le vent qui chuchotait doucement dans son oreille, et qui disait… Qui disait… Mon dieu.

Voudriez-vous vraiment parler au vent ?

La phrase tournoyait dans son esprit comme une feuille morte emportée par une bourrasque. Des paroles mortes, passées, qui ne subsistaient qu’en souvenir, vides de sens, emportées par le tourbillon de ses pensées incohérentes. Perdues au milieu d’images nouvelles. Des chevaliers en armures, des dames richement vêtues, des paysans qui trimaient. Des écureuils qui faisaient des réserves pour l’hiver, qui inventaient milles et une ruses pour protéger leurs petits. Des faucons qui fusaient entre les branchages. Le bruissement des feuilles, l’océan, des oiseaux gracieux qui plongeaient dans l’eau salée, leur becs tranchants tendus vers de scintillants poissons argentés. Des vagues lentement soulevées. Du sable à perte de vue, des villes inconnues, des animaux étranges aux allures de monstres fantastiques. Des lacs roses, bleus et verts, des contrées nouvelles et emplies de magie dans leurs moindres recoins. Cela aurait rendu n’importe quel humain en bonne santé mentale fou à lier. Heureusement, la jeune femme avait la chance immense d’être déjà folle.

Koralwinn écarquilla les yeux dans la tourmente, laissa sa bouche béer, vacilla sur ses jambes boueuses et incertaines. Mon dieu. Mon dieu. Cette main sur son front, ce contact, cette marrée infinie d’images enchanteresses. Le vent parlait. Le vent parlait. Le vent PARLAIT ! Ou plutôt, se corrigea-t-elle, elle le comprenait. Pour la première fois de sa vie, elle comprenait son ami de toujours, son amant éternel. Ses paroles étaient devenues aussi limpides qu’une des gouttes de cette pluie qui tombait. Et il lui racontait des histoires… Ses voyages… Ses rencontres… Il lui parlait de ses autres amis, des gens qui pouvaient parler avec lui… De ce Gil Gallad qu’elle avait en face d’elle…

C’était lui. Voudriez-vous vraiment parler au vent ? Bien sur qu’elle voulait parler au vent. Voudriez-vous vraiment parler au vent ? C’était sa main. C’était à travers sa peau qu’il permettait à ses pauvres oreilles d’entendre l’indicible. A travers leurs deux peaux reliées. Mon dieu. Bien sur qu’elle voulait parler au vent. Elle aurait voulu le hurler, lui hurler que oui ! Elle voulait parler au vent ! Elle voulait à tout jamais écouter le vent chuchoter ces merveilles à son oreille ! Elle aurait voulu lui hurler de laisser sa main contre son front, de ne pas rompre le contact, de ne pas rompre cet enchantement. Elle aurait voulu planter ses ongles dans sa chaire pour l’empêcher de s’enfuir, et d’emporter à tout jamais son secret. Elle aurait voulu rester ainsi pour l’éternité, à écouter les confidences de son ami éternel. Elle aurait voulu tant de choses. Mais elle resta paralysée. Plus immobile que la souche d’un arbre. Terrassée par la vague de nouveautés qui l’envahissait.

C’est alors qu’elle s’aperçu que le vent s’amusait beaucoup. S’il avait pu, il aurait rit, le bougre. Elle se concentra, étonnée. Il riait à cause d’elle ! Il se… Non. Ce n’était pas possible. Le vent se moquait d’elle ! Elle cligna plusieurs fois des yeux, comme si elle revenait à la vie, et senti soudain la légère et sourde douleur qui commençait à monter le long de ses jambes, restées trop longtemps immobiles. Elle ne revenait pas à la vie, elle n’en revenait pas. Elle comprenait le vent et le vent se moquait d’elle. Il se moquait gentiment de son abrutissement momentané lorsqu’il avait commencé à lui raconter ses voyages. Il se moquait de sa surprise et de sa réaction, ou, plus exactement, de son absence de réaction. Il lui disait d’arrêter d’avoir peur, qu’elle était stupide, qu’il n’allait pas la manger, que l’elfe non plus, quoi que… Etc, etc. Il se prenait pour qui, celui là ?...

Il fallait qu’elle réagisse, qu’elle fasse quelque chose. Qu’elle secoue sa carcasse transie et engourdie. Qu’elle bouge, qu’elle dise quelque chose ! Mais… Si elle bougeait… Si elle bougeait… La main de l’elfe s’en irait, et plus rien de le relirait au vent… Il se moquait encore, celui là, et prétendait que pas du tout, que son elfe préféré ne ferait pas une chose pareil, lui donner une nouvelle amie et la lui reprendre l’instant d’après. Ah, mais, n’importe quoi, ces deux là, vraiment. Forcement, s’ils étaient deux contre elle à essayer de la rendre ridicule, aussi… Elle se reprit. Il fallait qu’elle dise quelque chose. Elle prit une grande inspiration, et hurla de toutes ces forces dans la forêt silencieuse :

- BIEN SUR QUE JE VEUX PARLER AU VENT, MÊME SI C’EST UN MUFLE ET QU’IL N’A RIEN D’AUTRE DE PLUS INTÉRESSANT A FAIRE QUE DE SE MOQUER DE MOI !

Et un nouveau sourire dévastateur colonisa son visage.

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Ven 29 Oct - 16:35

Gil-Galad était fou. C’était là un fait bien établit, et connu même de quelques personnes, quoi qu’elles le murmurent généralement avec dans la voix des sentiments peu amènes. La plupart de ceux qui l’acceptaient ou qui l’admirait le disait, au mieux « génial », au pire « différent ». Mais pas fou. C’était un mot qu’il faisait peur, ou tout du moins il fallait le croire. Les fous pouvaient être dangereux. Ils pouvaient décider de tout détruire, comme ça, sur un coup de tête. Et sans doutes était-ce la perspective d’un être aussi puissant que lui complètement taré qui faisait reculer la plupart des gens. Bien sûr, ils avaient tord, complètement et sur toute la ligne.

Ce n’était pas parce qu’ils ne le disaient pas que lui allait arrêter de l’être pour autant.

Le Roi était probablement au courant de cette réalité, d’une manière ou d’une autre, quoi qu’il choisisse peut-être d’appeler ça du génie. Le Magicien, lui, appelait ça de la folie. Sa folie. La Folie du Mage, cette étincelle impossible à définir qui éclairait toute chose de l’éclat incomparable de la Magie, se petit truc imperceptible qui faisait toute la différence. C’était pas un truc typiquement elfique. Tous les praticiens humains qu’il avait rencontré étaient timbrés. Enfin, il n’en avait rencontré qu’une seule de valable, mais n’empêche, elle était atteinte. Et les Enchanteurs, de ce qu’il en avait vu, ne semblaient pas très bien placé comme exemple de santé mentale, au fond…

Enfin bref, tout ça pour dire qu’il était très bien placé pour comprendre les dégâts que pouvaient faire son sortilège sur un esprit non préparé. C’était pour cela, entre-autre, qu’il avait commencé par une liaison de contact. Mais c’était plus une précaution. Il savait juger les gens. Et cette femme, devant lui, était folle. Pas comme lui, pas tout à fait, mais c’était aussi une bonne folie. Une folie qui lui plaisait bien. Et il était prêt à parier qu’elle ne serait pas altérée durablement par l’expérience, par le don inestimable qu’il avait décidé de lui faire en ce jour pluvieux, pour tout un tas de raisons. Et aussi parce que son instinct le lui avait soufflé. Ce qui, en fait, en était une excellente.

Et il avait pu assister, très amusé, à toute la scène. Il avait pu voir tant c’était évident la prise de conscience incrédule de la jeune femme. Il n’avait pas besoin de sort, en cet instant c’était facile à lire. Et bien sûr, il avait entendu tout ce que le vent, pas discret pour un sou, lui répondait. Sans compter les échos, les murmures, de ce qu’elle-même disait avec son Chant au mouvant élément, et que celui-ci ne dissimulait pas le moins du monde. Le vent était un grand habitué des forêts elfiques. Ca lui faisait de la compagnie, des gens à qui causer, à la façon dont les Elfes parlent aux choses de la Nature. Mais lui, bien sûr, il était Gil-Galad. Et sans doutes cela changeait-il beaucoup de choses, en fait…

Il perçu l’amusement du vent, et, dans cette douce partie de son esprit qui communiquait avec lui, partagea son rire informulé. Il regarda aussi la jeune femme se décider, la vit finalement prendre une grande inspiration, pour crier de toute ses forces sa réponse à sa dernière question.

« BIEN SUR QUE JE VEUX PARLER AU VENT, MÊME SI C’EST UN MUFLE ET QU’IL N’A RIEN D’AUTRE DE PLUS INTÉRESSANT A FAIRE QUE DE SE MOQUER DE MOI ! »

Et sur ce elle sourit de nouveau, d’un grand sourire dévastateur. Alors, une nouvelle fois, il éclata de rire, et c’était encore comme si tout s’arrêtait pour l’écouter rire, comme s’il devenait à lui seul tous les bruits de la Forêt, magnifiés dans un rire. Et puis, soudain, une maigre partie du secret de ce rire si particulier apparu à l’Humaine. Le Vent. Le Vent riait avec lui. Ou, plus exactement, le Vent se joignait à son rire, s’y tissait, s’en servait. Ce n’était qu’une partie, un fragment de ce rire, mais ça expliquait pourquoi il était ainsi porté, pourquoi il pouvait si facilement refléter tant de choses. Il était le Vent, et le Vent était lui. C’était cela, le rire de Gil-Galad.

Finalement, il retomba, et timidement les bruits reprirent. Le vent semblait très amusé par la situation, et très heureux aussi d’avoir une nouvelle interlocutrice, une interlocutrice si intéressante en plus, avec qui il pouvait maintenant converser pour de vrai. Alors, avec son propre grand sourire, le Magicien appuya doucement sur le front de la jeune femme.

 « Alors… Vous pouvez ! »

S’en suivit un mot aux sonorités envoûtantes mais absolument et résolument inhumaine. Ab-humaine. Sans rapport avec l’Humanité. C’était de l’elfique. De l’elfique ancien. De l’elfique ancien de Mage, par-dessus le marché ! Et c’était aussi incroyablement chargé de Magie, une Magie qui sembla passer le long de son doigt, pour se déverser à torrents dans le corps de la mortelle. Puis une légère lueur palpita au bout de son doigt, entre celui-ci et le front de la jeune femme. Et se fût tout.

 « Voilà. »

Il retira son doigt. Mais ça ne changea rien. Le vent continuait de parler, le vent continuait d’être compréhensible, et de répondre. Il venait de lui permettre de parler au vent, comme ça, librement. Parce qu’il avait envie. Parce qu’il était ainsi. Imprévisible. Chaotique. Et fou. Complètement fou.

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Mer 3 Oct - 12:23

Quand l'elfe retira son doigt du front de Koralwinn, elle eu pendant un court instant l'impression d'une chute. Un peu comme s'il l'avait un moment soutenue, et que d'un seul coup, il la lâchait dans le vide. Pourtant, rien n'avait changé. Le vent continuait de grincer des moqueries au creux de son oreille. Gil-Galad continuait de leur rire au nez. Elle se demanda ce qu'elle devait faire. S'affaler de ton son long dans la boue et lécher les bottes de l'elfe avec zèle – qui par ailleurs n'avaient pas l'air si immondes que ça, malgré le temps ? Dessiner un petit sourire au coin de ses lèvres en guise d'unique remerciement ? Lui sauter au cou et y rester pendue jusqu'à ce qu'il réagisse ? A vrai dire, ce qui venait de se passer dans ce petit morceau de forêt défiait tellement l’ensemble des convenances, qu'elles soient humaines, elfiques, ou même végétales (si cela existait), qu'elle ne savait vraiment plus quoi faire. Elle n'était pourtant pas, habituellement, très embarrassée par ces choses là, et c'était même un doux euphémisme – et Gil'Galad avait bien l'air de partager cela avec elle.

Le vent lui conseilla de ne pas sauter sur un elfe sans prévenir, quel qu'il soit, même s'il venait de faire preuve d'une évidente sympathie. Elle se demanda à peine pourquoi, car cela faisait une option de moins, et il fallait par conséquent trouver une autre solution. Et vite, sinon l'elfe allait se demander pourquoi elle restait debout à le regarder bêtement sans réagir. Peut être même, susurra le vent, qu'il allait croire que le privilège qu'il lui avait fait avait altéré ses fonctions mentales, et qu'il fallait le lui retirer de toute urgence.

- Un mot de plus et je... marmonna-t-elle.

Le vent continua de fanfaronner et de se moquer d'elle, évidement ; surtout du fait qu'elle n'avait pas besoin de s'exprimer à haute voix pour communiquer avec lui, puisqu'il pouvait s'insinuer dans son esprit sans aucune difficulté. Cependant, elle semblait retrouver ses capacités de réaction et cela était plutôt une bonne nouvelle. Ce qu'elle avait le plus envie de faire, à bien y réfléchir, c'était de réagir comme une petite fille à qui on venait d'offrir un morceau de brioche. Mais le vent avait dit non. Il fallait donc réagir comme une petit fille à qui on venait d'offrir une brioche, mais qui n'avait pas le droit de sauter dans les bras du cuisinier. Épineuse question. Les sourcils de Koralwinn se froncèrent sous l'emprise d'une intense réflexion.

Et puis fichtre, depuis quand le vent lui donnait-il des ordre ? Elle faisait tout ce qui lui passait par la tête – c'est-à-dire pas mal de stupidités – depuis qu'elle était assez grande pour décider elle même de ses mouvements. Ce n'était pas une vulgaire brise à peine capable de faire chanter les feuilles des arbres qui allait lui poser des interdictions irrévocables ! Sa décision était prise. Aussi soudainement qu'une averse printanière, elle hurla de joie et se jeta sauvagement au cou de l'elfe.

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Lun 8 Oct - 0:29

    Gil-Galad Vorondwë, Mage Royal du Roi Llandon des Elfes, venait de faire à cette petite humaine rencontrée au hasard des bois un don bien étrange, et tout à fait exceptionnel, en vérité. Peu de gens auraient été capable de le faire, encore moins avec une telle désinvolture. Les trois Enchanteurs, peut-être, et une poignée de Mages, mais bien rares en vérité. Et aucun de ces derniers, sauf peut-être une unique Magicienne qui s'y serait prise d'une autre façon, n'aurait pu l’accomplir avec autant de facilité que lui. Tel était l'art et le pouvoir qui étaient les siens, ceux d'un être qui avait voué sa vie à la Magie, l'avait choisie avant toutes choses et avait été choisi par elle. Bien des gens l'avaient cru arrogant, au fil des années de sa relativement courte vie, à une échelle elfique bien entendu, et bien des gens partageaient encore cet avis. Mais en vérité il avait simplement conscience de sa valeur, qui était tout simplement immense, et il n'hésitait pas à la mettre en avant, même si cela pouvait parfois en énerver certains qui, de son avis, étaient tous simplement trop médiocre. Mais il avait ses raisons à cela, la première étant qu'en dehors de Merlin, Morgane et Viviane il ne pensait pas que qui que ce soit puisse être une menace pour lui...

    Et donc, de cette formidable puissance, il avait tiré un don pour l'offrir à cette jeune femme. Sa nature l'avait aidé encore en cela, ce qu'elle était et ce qu'elle avait vu dans les profondeurs jumelles de son regard, quoi que ce puisse être. Une fois le sortilège lancé, il se recula, et la laissa absorber ce nouveau pouvoir. C'était un véritable don, et pour le meilleur ou pour le pire elle le garderait jusqu'à ce que lui ou un praticien plus habile et puissant que lui l'en défasse, avec son consentement. Autant dire qu'elle allait devoir s'y habituer et se faire une raison. Et au fond il était normal qu'elle ait besoin de temps pour s'y acclimater, surtout que le vent se faisait souvent facétieux en ces lieux, et surtout avec elle de ce qu'il en pouvait voir. Gil-Galad attendit donc patiemment, avec la même patience montrée plus tôt et qu'il possédait toujours bel et bien.

    « Un mot de plus et je... »

    L'Elfe se contenta de sourire en entendant ce murmure autoritaire, s'amusant de la voir apprivoiser ce pouvoir. Il n'épiait pas sa conversation, bien qu'un sort le lui aurait permis, par politesse, mais le vent riait à ses propres oreilles, s'amusant visiblement bien. Les souvenirs remontèrent, ceux de sa première conversation avec lui, bien des années plus tôt. C'était bien avant la Magie, la Magie du Mage en tous cas, en des années où un grand enfant, au seuil de l'adolescence, arpentait seuls ces bois, solitaire et silencieux. Il avait appris le langage des animaux de la forêt, et puis ceux des végétaux en tous genre et des arbres. Et les feuilles l'avaient présenté au vent, et le vent lui avait raconté le monde. Il avait été fasciné alors, et le vent lui avait présenté l'esprit du Soleil, lui faisant découvrir une facette de plus. Oh oui, de bien nombreuses facettes dans son enfance presque sauvage, qui n'avaient pu être unies qu'après son cinquantième anniversaire quand le Roi Llandon l'avait découvert et avait vu ses pouvoirs, avait parié sur lui pour récolter plus que ce qu'il n'avait jamais rêvé. Une action pour laquelle il lui serait fidèle à jamais...

    Mais soudain, le sortant de ses souvenirs, la jeune humaine se mit à crier et lui sauta dessus pour se pendre à son cou... ou du moins essaya. Surpris, et avec les réflexes fulgurants qui étaient les siens, il leva une main et prononça un mot... la figeant dans les airs à quelques centimètres de lui.

    « Oulà, calme. Un « merci » suffira amplement. »

    D'un nouveau geste, il la fit léviter jusqu'à sa place première avant de relâcher son sortilège, la surveillant toujours au cas où elle voudrait remettre ça. Il était un mage elfique quand même, pas une peluche pour humaine aux yeux noisettes parlant maintenant au vent !

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Lun 8 Oct - 1:26

Koralwinn fut ramenée en arrière sans rien comprendre. Elle avait bondit en avant mais elle n'avait pas changé de place. C'était extrêmement troublant. Elle avait senti la force qui se déployait dans ses jambe, entendu le bruit de succion de la boue dont elle s'arrachait ; cela n'avait eu aucun effet. Elle décida de ne pas tenir compte de la perplexité pour se concentrer sur l'horrible frustration dont elle était victime. Tout elfe magicien qu'il était, bras droit d'un roi puissant et blablabla, ce n'était pas juste. Pour qui il se prenait-il d'abord ? Elle voulait juste exprimer sa joie et voilà comment on la traitait ! Elle croisa les bras et se mis à bouder.

- Messire l'elfe magicien de la cour du roi Machin, je vais vous laisser, c'est que j'ai à faire.

C'était vrai en plus, elle avait un besoin pressant. Le vent lui murmurait un petit coin sous un jeune arbre derrière un rocher où le sol était légèrement en pente. Elle pataugea dans la boue jusqu'à arriver à la hauteur de l'elfe, le dépassa et tenta de se frayer un passage dans les fougères sans faire preuve d'une trop grande maladresse. C'est qu'on se sent vite un gros lourdaud, quand il s'agit de se déplacer dans la forêt devant un elfe. Atteindre le rocher lui pris plus de temps qu'elle ne l'avait cru. Le vent n'avait pas la même estimation des distance qu'une humaine pataude, a priori.

Arrivée sous le petit arbre, elle fit face à la pente, ramassa sa pauvre jupe rapiécée dans ses bras, s’accroupit et urina au milieu des feuilles mortes. Elle attendit un peu que les gouttes résiduelles s'écoulent, le nez en l'air pour admirer le feuillage mourant et les branches fines pleines de la force future de l'arbre adulte. D'ici, elle entendait parfaitement le petit ruisseau grossi par la pluie. En se relevant, elle l’aperçut effectivement, il était tout près. Elle décida d'y faire un brin de toilette et de s'y désaltérer. Malgré la pluie, l'eau potable n'était pas toujours facile à trouver ; même si à bien y réfléchir la tâche allait devenir beaucoup plus aisée avec le vent comme allié.

En secouant ses mains pour les débarrasser de l'eau glacée ruisselante, deux yeux d'un bleu infini s'imposèrent à son esprit. L'elfe ! Il fallait soudain, impérieusement, qu'elle le remercie dignement. Elle se retourna en toute hâte, grimpa la pente douce qui menait à la rivière en courant et se jeta dans les fougères qu'elle venait de traverser. Le présent qu'il lui avait offert, sans rien demander en retour, était au delà de tous les trésors de Bretagne, au delà des mots, au delà des rêves. Il fallait le lui dire. Absolument. A grands pas irrégulier fauchant la végétation, elle se rapprochait de la flaque de boue où elle avait laissé l'elfe. Y-était-il toujours ? Une racine apparu devant la trajectoire de son pied, et Koralwinn s'étala de tout son long dans la terre spongieuse. Elle y était presque, pourtant ! Pourquoi les arbres décidaient-ils de lui jouer des tours aussi cruels ? Elle se hissa sur les coudes, paniquée à l'idée que Gil-Galad soit déjà parti, et s'époumona après lui :

- Messire l'elfe ! MESSIRE L'ELFE ! Je voulais vous dire... MERCI !

Le mot était trop faible pour exprimer la gratitude infinie qui étreignait de toute part son tourbillon intérieur ; mais c'était le seul qu'elle connaissait. Elle demanda au vent de l'aider à chanter combien elle révérait le don dont elle s'était vu gratifiée.

- MERCI ! répéta-t-elle.

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Délégation Elfique - Imprévisible Incarnation de la Magie Chaotique et Vagabonde

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MessageSujet: Re: Sous la bruine [pv avec Lapinou]   Lun 15 Oct - 1:30

    Visiblement, sa façon de traiter son exubérante explosion de joie malvenue avait quelque peu troublé la jeune femme, qui avait d'abord semblé perplexe, puis contrariée. Elle fini par croiser les bras semblant... boudeuse ? Oh, madame ne supportait pas qu'on repousse ses exubérantes marques d'affections toutes crades ? Hé bien tant pis, il repoussait quand même, ce n'était pas comme si vexer une humaine avait été bien important !

    « Messire l'elfe magicien de la cour du roi Machin, je vais vous laisser, c'est que j'ai à faire. »

    Sur quoi elle s'éloigna dans la forêt. Un léger sort de vision suffit à l'Elfe pour voir où elle se rendait, et il coupa bien vite sa magie en voyant ce qu'elle allait faire. Mettre fin à une discussion pour ça, c'était assez... vulgaire, mais qu'attendre de mieux des Humains ? Secouant légèrement la tête, Gil-Galad fit quelque pas, ne s'enfonçant toujours pas dans la boue, avant de s'arrêter, songeur. Après tout, cette mortelle lui avait bel et bien semblé comporter quelques intérêts, et elle pouvait encore revenir. En vérité, quelque chose lui disait que son retour serait très probable. Aussi attendit-il, quelques pas plus loin que sa position initiale, parfaitement intégré au milieu de cette forêt qui était la sienne, l'endroit du monde où il se sentait le mieux, jusqu'à maintenant. Il pouvait observer la nature, et méditer sur la Magie, réfléchir aux missions de son Roi et laisser une part de son esprit s’égarer sur les sentes perdues de l'Art. De ce fait, ce temps d'attente n'était pas vain. Et il fut du reste récompensé, puisque bientôt la jeune femme revint vers lui avec toute la discrétion de... heu... ouai non en fait sans la discrétion de personne, il n'y avait pas de comparaison assez parlante là, ça aurait été une insulte pour le truc comparé, quoi qu'il soit.

    En tous cas, l'Humaine déboucha finalement des fourrés... pour s'étaler de tout son long dans la boue, où elle pataugea péniblement pour essayer de se rapprocher de lui tout en parlant et hurlant, ce qui n'était sans doutes pas très intelligent quand on a la bouche à moitié dans la boue, même en se hissant tant bien que mal sur ses épaules. Mais bon, c'était sa bouche, et elle pouvait bien disposer d'un peu de boue comme elle voulait...

    « Messire l'elfe ! MESSIRE L'ELFE ! Je voulais vous dire... MERCI ! »

    Heu... oui, certes, il était temps de le dire, mais mieux valait tard que jamais. Gil-Galad regarda la jeune femme comme il aurait fait d'un bousier, sale mais potentiellement intéressant, ce demandant si elle avait fini, puisqu'elle reprenait son souffle.

    « MERCI ! »

    Le Magicien accepta les nouveaux remerciement d'un signe gracieux de la tête. La prenant un peu en pitié, il utilisa le même sort que tout à l'heure pour l'extraire de la boue et la planter dedans sur ses deux pieds. Mais il surveillait maintenant d'autant plus qu'il ne lui vienne pas une nouvelle fois l'idée de lui sauter dessus, pleine de boue.

    « Vos remerciements sont acceptés de bon cœur. C'est un cadeau, un don fait à vous par moi-même, Gil-Galad Vorondwë, le Mage. Vous ne me devrez rien, sinon ce que vous dictera votre cœur... ou votre nouvel ami, qui sait. »

    Un léger sourire vint étirer les lèvres de l'Elfe, le même sourire unique qui l'avait toujours et qui le caractérisait. Certes pas autant que son rire si unique, mais tout ce même, assez propre à sa personne. Il s'approcha légèrement d'elle, ses yeux océans tout à la fois sérieux et pétillants.

    « Mais prenez garde, jeune humaine, point sans péril n'est le présent du Mage ! Point ne devez lui faire défaut, point ne devez le mépriser, l'oublier, le démériter. Point ne devez croire qu'il serve vos desseins, car point ne se plie aux desseins des mortels. Il est son propre motif, sa propre trame, et s'il est un dessein qui est le sien, c'est seulement celui du Mage, et sans malice, oui, sans malice. Ce qui fut donné peut-être repris. Ce qui fut élevé peut s'abaisser. Le don arraché prend plus que ce qu'il apporta, soudé qu'il est à l'être. L'âme élevée s'enfonce plus profondément dans son sol, d'où elle avait été soulevée. Prend garde au papillon, prend garde à la biche. Le vent emportera tous tes mots... »

    La voix du Mage, qui s'était élevé majestueusement alors qu'il parlait, semblant se faire plus grand et plus imposant dans la forêt, retomba sur cette dernière phrase, et l'effet d'optique se dissipa. Ne restait « que » Gil-Galad, qui... fit un clin d’œil à la jeune femme.

    « Pas mal hein, comme charabia d'esprit des bois ? »

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