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 Ô douce mélodie, ô plus amère des douceurs... (PV Aby)

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MessageSujet: Ô douce mélodie, ô plus amère des douceurs... (PV Aby)   Sam 27 Fév - 16:17

Ces derniers jours, il avait beaucoup joué, principalement à la Galante. Un bon contrat qu'il avait passé là : gîte et couvers gratuit aussi longtemps qu'il continuerait ses performances de hauts niveaux. Ca lui permettait de garder son argent pour des choses plus importantes, même s'il lui arriverait sans doutes de participer tout de même à ses frais. C'était dans ses habitudes, en tous cas, des habitudes très anciennes, bien plus que nombre des royaumes de cette terre... En attendant, il pouvait se laisser aller aux petits caprices qui lui passaient par la tête. Et peut-être même trouverait-il un nouvel instrument qui lui plairait, pendant ce séjour à Caamelot ! De quoi justifier son retour « au pays », si on pouvait dire cela pour lui, sur l'Île de Bretagne.

Interrieurement, il se corrigea. A justifier sa venue dans cette ville, si fait, mais non pas sur l'Île... Il y avait déjà quelque chose qui justifiait de façon plus que complète son retour en Bretagne... Il y avait eu elle, et quelle raison aurait pu valoir plus que celle-là, dans l'infinité du monde ? Il y avait de la joie dans son souvenir, une grande joie, un bonheur véritable, et autre chose, quelque chose de plus profond. Mais il y avait aussi de la tristesse, et une certaine amertume. Elle était partie, elle ne l'avait pas attendu, elle l'avait abandonné. Qu'elle n'ait pas voulu le suivre, alors, il avait pu le comprendre... Mais s'il n'avait pas voulu partir avec lui, pourquoi donc était-elle partie sans lui, dans l'intervale ?

Etait-ce parce que... Parce qu'elle... Parce qu'elle ne l'a...

« Messire ? »

La voix le tira de ses réflexions, qui partaient sur un chemin bien triste, malgré le soleil de cette belle journée. Toujours, toujours de la tristesse, avec la tendresse de ces souvenirs... Il se retourna vers l'homme qui venait de lui parler.

« Oui ? »

« L'estrade est prête, messire. »

« Hum... Je vous remercie. »

Il secoua la tête pour chasser ses réflexions et se dirigea vers la dite estrade, petite construction de bois au centre de la place. Il avait chanté et joué tant et si bien qu'on lui avait proposé de faire de l'ambiance de rue. C'était tout à fait différent d'une animation de taverne, mais il n'était pas sans expérience. Il avait déjà fait pareille chose dans bien des capitales plus prestigieuse que celle-ci. C'était peut-être moins glorieux aux yeux de certains, mais ça payait tout aussi bien, voir mieux, surtout quand on avait obtenu, comme lui, d'avoir une belle place, bien située, bien visible, au centre du plus grand espace dégagé de la ville. Ca en imposait plus que de gratter des cordes à l'entrée d'une ruelle sombre, quand même...

« Le troubadour a conduit ses rêves,
Au creux de l'antique vallée,
Où tous les rois et les reines,
Cette nuit se sont rassemblés,
À l'ombre d'un château hanté...* »


Sa voux s'éleva, pure mais mesurée, se mariant peu à peu avec le bruit ambiant, jusqu'à s'harmoniser avec lui. Valérian maîtrisait parfaitement son art, comme toujours, un art inné porté à un haut niveau au nom de sa longue vie.

« Ce chevalier sur un blanc destrier,
Ce preux grand vainqueur du tournoi,
À sa douce et belle reine,
A promis son coeur et sa foi,
Par une chaude nuit d'été...* »


Oh oui, son coeur... La tristesse se tissait dans son chant, tandis qu'il continuait. Certains s'arrêtaient quelques instants pour l'écouter, d'autres passaient simplement, quelques uns dépossaient une pièce dans la cavité prévue à cet effet. Emporté par les mots, il les voyait à peine...

*En référence à ceci, une de mes chansons préférée.

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MessageSujet: Re: Ô douce mélodie, ô plus amère des douceurs... (PV Aby)   Dim 28 Fév - 12:08

Cette semaine-là, en plus de sa journée de congé, la jeune Alastyn alla également à la ville. Chose plutôt rare pour elle qui ne sortait pour ainsi dire pas de l'enceinte des murs du château. Entraînée dans le tourbillon de la foire qui se tenait comme tous les mois, Abigaël passait de comptoir en comptoir. Chaque vendeur et même les acheteurs lui souriaient, notamment un bijoutier et un marchand de draps qui voulait lui vendre des pièces de tissu qu'il avait et qui lui iraient à ravir, notamment le bleu et le mauve pâle, puisque, à n'en pas douter, c'étaient là des couleurs qui lui allaient parfaitement. La jeune femme vérifia l'attache de la broche sur sa cape et leva la tête vers le clocher de l'église non loin, sur lequel se trouvait le cadran solaire. Elle avait encore du temps.
La voyant arriver, un autre bijoutier sortit quelques pièces pour les lui présenter.

-J'ai exactement ce qu'il vous faut, damoiselle! Que pensez-vous de... ceci?

Abigaël tourna la tête vers l'objet. Il s'agissait d'un pendentif en motif de coquille Saint-Jacques. Même si ce dernier était en étain, pas en écume de mer ou quoi que ce soit, la jeune Alastyn fut profondément troublée par ce que la forme lui évoquait. Une sorte de flash vint frapper ses yeux, et elle se vit soudainement sous l'eau, entourée d'êtres étranges. Elle tendit la main et les doigts qui apparurent à ses yeux étaient potelés, comme ceux d'un bébé. Clignant les yeux, elle se retrouva d'un coup à Camelot.

-Il ne coûte que 7pièces de fer, c'est une affaire à ne pas manquer, damoiselle.

L'Alastyn regarda sa main. Elle avait saisi le pendentif que le marchand lui avait présenté. Secouant la tête, reposant le coquillage d'étain sur la table, elle regarda autour d'elle, comme attirée ailleurs. D'où lui venaient ces visions? Ce genre de flash ne lui était pas arrivé depuis des années, depuis... depuis que son ange l'avait quittée. Enfin, les avait quittés, son père et elle. A l'époque, elle aurait tellement souhaité partir avec lui!... Elle regrettait son refus de ne pas laisser Peter, quand lui avait chassé sans état d'âme son sauveur.
Une ombre frôla la jeune femme, laissant une odeur légèrement salée derrière elle. Relevant la tête, sans vraiment savoir pourquoi, Abigaël se mit à la suivre, se faufilant entre les comptoirs et les personnes. Où était-elle allée?
Tout à chercher où était parti cet inconnu, la jeune femme ne fit pas attention à l'estrade dont elle s'était rapprochée. Ce n'est que lorsque la voix, pure, douce, s'éleva que l'Alastyn se retourna. Elle connaissait ces mots, elle connaissait ces vers, elle connaissait cet air... et elle connaissait le chanteur.
Un murmure stupéfait s'échappa de ses lèvres.

~Non! C'est impossible...

S'approchant, se glissant entre les auditeurs du petit spectacle, elle fredonna à son tour l'air et entama la dernière strophe.
~Le troubadour a perdu ses rêves
A l'aurore en sa clarté...


Elle leva des yeux presque suppliants vers le beau et doux visage.
~Le troubadour retrouvera-t-il ses rêves?

Elle avait cru pouvoir l'oublier lui, mais, à présent qu'elle le revoyait, tout lui revenait, comme si le temps n'avait rien gâché de ses sentiments de naguère. Elle eut un léger sourire, ne parvenant pas à croire ses yeux, réussissant finalement à murmurer, pleine de joie de le retrouver, lui, espérant qu'il ne l'aie pas oublié :
~C'est vraiment toi, n'est-ce pas? Tu es revenu...

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MessageSujet: Re: Ô douce mélodie, ô plus amère des douceurs... (PV Aby)   Dim 28 Fév - 21:56

Il n'avait rien vu de la foule, son esprit rivé sur la musique, son coeur fixé sur un souvenir, son âme emportée sur une émotion, ses yeux perdus dans le ciel, et ses mains dansants sur la harpe, avec une virtuosité inégalée. Oh mon cher amour... Oh mon très cher amour... Le monde était bien loin de lui, très très loin, avec ses bruits éphémères et ses passages incessants... Et puis...

« Le troubadour a perdu ses rêves
A l'aurore en sa clarté... »


Un écho à la dernière strophe, avant le refrain final. Cela arrivait, parfois. Et pourtant, pourtant ! Cette voix ! Oh par la Lune, cette voix ! Ce ton, cette intonnation, cette texture. Oui, c'était bien un écho, pensait-il, un écho que faisait naître son coeur torturé, qui faisait revenir la peine à la surface, par cette chanson, qu'il lui avait souvent chanter, par le hasard de cette journée. Oui, oui, il le pensa... Mais ses yeux, si bleus, descendaient déjà...

« Le troubadour retrouvera-t-il ses rêves? »

La musique s'arrêta, brutalement, le fredonnement s'éteint en un instant. Son regard croisa l'autre regard, enchassé dans le plus plaisant des visages, un regard qui – était-ce possible ? – semblait presque suppliant. Et si beau, cet autre regard, si merveilleux !

« C'est vraiment toi, n'est-ce pas? Tu es revenu... »[/quote]

Il n'aurait pas dû l'entendre, au milieu de ce bruit, il n'aurait pas dû... Mais il l'entendait clairement, plus clairement que quoi que ce soit. Il était ce qu'il était, il était un Draugr, il avait exercé son oreille au cours d'années sans nombre, quoi que pas dans ce but.

« Oh, Aby... Aby... »

De la tendresse dans cette voix, une si profonde tendresse, et de l'amour, oui, de l'amour... Comme dans un rêve, avec la souplesse du fauve, il se coula, se retrouvant au bas de l'estrade.

« Oh, Abigaël... »

Il y avait tant de monde, autours d'eux... Tant et tant... Et pourtant ils étaient seuls. Qu'importaient les curieux, qu'importaient les voix, qu'importait l'univers ! Il l'avait retrouvée, elle ! Il l'avait retrouvée !

« Oh mon amour... Mon très cher amour... »

Un murmure, mais il savait qu'elle l'entendait. Il était proche d'elle, à présent, très proche, les yeux dans les yeux. Sa main s'éleva, vers son visage, jusqu'à le frôler... Pour se figer brusquement.

« Abigaël... »

Un hésitement dans la tendresse, la si grande tendresse, et dans son regard si bleu, si intense ! La main recula, il recula légèrement.

« Oh mon aimée... Pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Elle avait changé, elle avait grandit, mais il n'en avait rien vu. Il aimait son âme, ses yeux... Et dans ses yeux, ses yeux à lui, comme dans sa voix, de la douleur, de la souffrance, s'étaient glissées devant la tendresse, jamais totalement effacée. Si amère, la souffrance ! Elle était partie...

« Ne m'aimerais-tu pas ? »

La terrible possibilité, celle qu'il avait toujours tenté d'occulter, de bannir. Le plus terrible de toutes, qu'il n'avait pu retenir, pas en cet instant... Oh, si amère, si amère la souffrance...

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MessageSujet: Re: Ô douce mélodie, ô plus amère des douceurs... (PV Aby)   Ven 16 Juil - 17:34

    « Oh, Aby... Aby... »

    Lui seul l'avait jamais appelée ainsi. Même son père n'avait osé la surnommer également avec ce diminutif... Mais plus que tous les souvenirs qui remontaient à ce simple nom, c'est aussi et surtout ce que cela signifiait dans son rapport à Valérian... Il ne l'avait pas oubliée! Il ne l'avait pas oubliée... Une joie profonde rayonna dans le coeur de la jeune femme. Stupéfaite, elle le regarda sauter souplement de la scène pour descendre en face d'elle.

    « Oh, Abigaël... »

    Il lui avait tellement manqué... Elle avait toujours cru qu'elle pourrait l'oublier, lui, le rare, le seul être qui ait jamais su la comprendre dans son entier, dans sa totalité. Elle avança une main timide vers lui avant de la reculer. Elle leva ses yeux d'ébène vers l'azur des siens à lui, le regard noir brillant de ces retrouvailles aussi inattendues que secrètement espérées.
    Il avait lui aussi avancé sa main, mais lui non plus n'avait osé toucher de sa paume la joue de l'autre être qui lui faisait face. Que ces quatre ans avaient été longs!


    « Abigaël... Oh mon aimée... Pourquoi m'as-tu abandonné ? »

    Abandonné? Non, non, non! Mille fois non... Non, non, jamais! Elle ne l'aurait jamais laissé. Mais les mois et les années avaient passé, et il n'était jamais revenu... Elle n'aurait jamais, au grand jamais!
    Et dire que Peter croyait à un amour de jeunesse, une amourette! L'amour d'une vie, cet Amour-là ne se reconnaît-il pas d'un simple regard? Ne se démarque-t-il pas des autres, lorsque les deux êtres se retrouvent enfin côte à côte? Naïf Peter qui croyait protéger sa fille d'un faux-amour, quand tout dans son être lui criait son manque de lui, tout dans sa vie lui criait son absence...
    Tout ce qu'elle avait voulu dire au troubadour mourut sur ses lèvres, qui restaient closes.

    Elle avait changé, elle avait grandit, mais il n'en avait rien vu. Elle qui aurait voulu passer chaque seconde à ses côtés les avait vues défiler d'une lenteur plus qu'insupportable. Mais, même s'ils étaient restés longtemps loin de l'autre, elle avait le sentiment qu'il ne l'avait jamais vraiment quittée... Bien sûr, le manque, douleur insupportable, se faisait plus cruellement sentir que tout le reste, que tout ce qui l'entourait. Peter l'avait bien vu, la première année, quand Abigaël était restée renfermée sur elle-même, cuisinant et s'occupant de leur maison le regard vide, ne faisant rien d'autre. Comme la coquille vide d'un coquillage, elle était restée avec Peter. Et, lorsqu'il était mort, lorsqu'il avait demandé pardon... Etait-ce par-rapport à Valerian? Ou bien s'en voulait-il toujours de l'agression qu'ils avaient subi, alors qu'elle n'était qu'un bébé, que sa mère avait été tuée? Quoi qu'il en soit, fidèle à la promesse qu'elle avait faite à Peter, elle s'était toujours tenue éloignée des lacs et de tout cours d'eau majeur, car, lui avait-il raconté, c'étaient des créatures aquatiques malfaisantes qui étaient responsables de la mort de sa mère.
    Sa mère... Elle n'en avait aucun souvenir. Peter et Valérian. Les deux hommes de sa vie, l'homme de sa naissance, l'homme qui la faisait se sentir femme pleine et entière.


    « Ne m'aimerais-tu pas ? »

    Non, non, non! Bien sûr qu'elle l'aimait, quand il avait été chassé, elle s'était sentie déchirée de part et d'autre ; le pire étant arrivé le soir où il partit vraiment, lorsqu'il lui donna rendez-vous...Là, c'était comme si chaque parcelle de son être avait été arrachée et brisée. Son coeur en miettes qui se remettait et qui lui donnait, enfin, petit à petit, envie de revivre, les joies qu'elle ressentait, tout ça, ce n'était que récent...
    Mais, comment lui dire? Ces années, ces QUATRE années qui lui avaient semblé une éternité, comment lui dire, comment lui faire comprendre qu'elle avait plus survécu que vécu réellement?... Elle le regardait, immobile et muette.
    Elle se jeta alors dans ses bras, et serra son torse contre elle, ses petits bras de part et d'autre du Draugr, serrant de toutes ses forces celui qui lui avaient tellement manqué. Force qu'elle méconnaissait, inconsciente de sa nature de Créature de Sidh, force de fait plus conséquente que si elle n'avait été qu'une simple humaine....



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MessageSujet: Re: Ô douce mélodie, ô plus amère des douceurs... (PV Aby)   Sam 24 Juil - 14:18

Cela avait été presque douloureux, pour lui, d’énoncer cette terrible possibilité. Celle qui l’avait poursuivit tout au long de ces années passées sans elles, dans l’ignorance de ce qu’elle était devenue. Ils s’étaient donnés rendez-vous, pour quand elle serait prête, libérée de la colère de son père à l’égard de l’errant et des chaînes de ses trop jeunes années. Et il était partit, le cœur douloureux, mais avec l’espoir d’un bonheur plein et entier, ensuite. Sauf que, quand il était revenu, elle n’était pas là. Oh terrible, terrible déchirement de son âme quand il l’avait constaté ! On lui avait apprit que son père était mort, et qu’elle, elle était partie. Mais « on », si prodigue pourtant, n’avait pu lui dire où elle avait été, vers où elle était partie, le laissant seul et perdu, sans savoir ce qui lui était arrivée.

Il avait imaginé, malgré lui, mille et un scénario terribles, du plus banal au plus invraisemblable, impliquant toutes les explications possibles, toutes les créatures dont il avait connaissance. Enlevée par des brigands, violées par des nobliaux en maraude, tuée par des hors-la-loi, capturée par des esclavagistes. Dévorée par un Dragon, emportée par les marines créatures du Sidh, massacrée par un Bisclaveret un soir de pleine lune, fracassée par un rocher dans une embuscade tendue par un Bonne-Rouge, voir même détruite par un des siens dans un accès de folie. Transformée en terreau par les Elfes, ou en cendre par les Fomoires. Victime d’un accident climatique, prise dans une bataille entre les différents camps bretons.

Et, la pire de toute les craintes : qu’elle ne l’aime pas, tout simplement. Qu’au fond, une fois séparée de lui, elle l’ait vite oubliée sans plus de chichi. Que son propre amour soit à sens unique, et voué à la douleur. La plus terrible de toute les peurs.

Toutes les autres avaient déjà été écartée, rien qu’en la regardait, ne restait que celle-là… Qui fût balayée quand Abigaël se jeta dans ses bras. Instinctivement, sans réfléchir une seule seconde, il les ouvrit en grand pour la laisser s’y jeter, la berçant doucement tandis qu’elle le serait de toute ses forces. Une force étonnante, mais il était solide. Lui-même, même s’il la serrait de façon plus que correcte, modérait sa force d’immortel pour ne pas lui faire mal. Au pire, elle lui casserait quelques côtes, mais quelle importance. Il l’avait retrouvée, elle, et il pouvait ressentir dans son étreinte qu’elle l’aimait toujours. Que valaient d’hypothétiques côtes à côté de cela ?

« Oh, Abigaël... Aby, Aby… »

Il caressait doucement ses cheveux, sa tête contre son épaule puissante. Il ne voyait rien de ce qui l’entourait, il ne voyait qu’elle, et l’immense amour qui coulait entre eux. De lui vers elle et, il le croyait fermement à présent, à nouveau de elle vers lui.

« Oh, mon Aby, mon aimée. Tu m’as tellement, tellement manquée… »

Rarement, au cours de son éternelle vie, il n’avait ressentit un pareil amour, et ça avait toujours été dans d’autres circonstances, avec des partenaires Humaine. Non pas que ça change quoi que ce soit à l’affection immense, insondable, qu’il avait pour elle…

« Ces quatre années sans toi furent les plus longues de toute mon existence, sais-tu ? Surtout quand je ne t’ais pas retrouvée… J’ai eu si peur qu’il te soit arrivé quelque chose… »


Il inspira profondément, savourant son parfum, si longtemps désiré. Qu’étaient-ce que quatre ans, dans la vie d’un si ancien immortel ? Un battement de cœur, un clignement de paupière, un simple souffle. Un simple grain de sable dans le désert d’une éternelle existence. Et pourtant une petite éternité, pour son âme languissante de son aimée.

« Mon amour… »

Avec délicatesse, comme dans un rêve, il se défit légèrement de son étreinte si primordialement possessive, seulement légèrement endolorit pour la peine, et ne s’en souciant pas le moins du monde. Une de ses mains remonta jusqu’au menton de l’être qu’il aimait tant, releva son visage. Ses yeux si bleu croisèrent son regard, ce regard qu’il avait aimé dès le premier instant, sans rémission possible, sans concessions. Tant, tant d’amour dans son regard ! Alors il posa ses lèvres sur les siennes et l’embrassa, passionnément, comme un homme trop longtemps assoiffé s’abreuve à la plus claire et la plus pure des sources…

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Ô douce mélodie, ô plus amère des douceurs... (PV Aby)

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