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 Avant le crépuscule • Libre •

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Troupe des Carpates | Garde-fou Attitré
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MessageSujet: Avant le crépuscule • Libre •   Jeu 4 Oct - 22:54

Les enfants avaient toujours constitué une compagnie des agréable pour Ysatis. Ils étaient imprévisibles, vifs d’esprit, curieux et plus malins que ce que leur mine renfrognée laissait croire. Qui plus est, on ne pouvait pas les amadouer par la malice. Il fallait de la patience, une certaine sincérité. Voilà donc une demi-heure que la voyante était donc en compagnie d’une petite petite fille à l’allure de joyeuse sauvageonne. Elles étaient installées près de la roulotte, Ysatis installée sur les marches tandis que l’enfant se tenait face à elle, captivée par, semblait-il, les mains de la voyante.

_ Une dernière fois, regarde-bien.

Ysatis présenta une pièce de fer devant le visage de sa petite, le minuscule disque cabossé coincé entre ses doigts fins. Son regard opaque était dirigé dans le vide. Sa main amorça quelques mouvements rapides, infimes, et la pièce disparut à quelques centimètres à peine du visage de la fille, qui émit qui grognement à la fois courroucé et admiratif, déclenchant le rire de la voyante. Soudain suspicieuse, l’enfant se mit à agiter ses mains sans bruit et faire des grimaces, espérant obtenir une réaction d’Ysatis, qui ne vint pas.

_ T’es vraiment aveugle ?, demanda la gamine en arrêtant ses grimaces, toujours perplexe.

La jeune femme haussa alors les épaules, son visage exprimant ce sourire calme qui la quittait si rarement. Sa main se leva alors, vive et gracieuse, pour effleurer la joue de la gamine, sans plus précision que ne l’aurait démontré quelqu’un avec une vue intacte. Lorsque la petite vit de nouveau la pièce de fer entre les doigts d’Ysatis, qui avait fait mine de l’extirper de derrière son oreille, ses yeux s’écarquillèrent et elle passa ses doigts derrière sa propre oreille, espérant peut-être en découvrir d’autre.


_ Et si ce n’était pas moi l’aveugle ?, répondit alors Ysatis, son pâle sourire s’agrandissant avant qu’elle n’émette un rire léger.

L’enfant, d’abord méfiante, finit par partager son rire avant d’essayer de lui chiper la pièce... qui avait déjà disparut on ne sait où. Etonnant réflexes pour une femme supposément aveugle. Il y avait cependant d’autres façons de voir, plus difficiles mais non moins justes. Tandis que les deux créatures continuaient leurs discussions étranges et leurs tours de passe-passe, la foule commença à se raréfier aux alentours. La « foire », ainsi que certains l’appelaient, attiraient bien moins de gens passé une certaine heure, surtout par les temps qui courraient.

Certains restaient encore, flânant entre les étals de produits exotiques et étranges, dégustant un fruit ou discutant avec un voisin trop longtemps évité. On n’allait pas tarder à allumer les torches, à détendre les tentures et rabattre les protections sur les étals. Dans l’air, quelques notes de musique perçaient parfois. Ysatis imaginait sans peine Livia danser sur cette musique à la fois douce et entrainante, enchaînant les acrobaties gracieuses et délicates sous l’oeil attentif de Mazareth. Il la regardait toujours du coin de l’oeil en pensant que personne ne le voyait. Mais lorsque Livia dansait, il n’était plus vraiment à sa tâche, c’était une évidence. Evidence dont Ysatis se gardait bien de faire part à qui que ce soit ; d’une part, ce n’était pas ses affaires, et d’autre part bousculer ce genre d’affaire avait généralement la conséquence fâcheuse de leur faire perdre tout leur charme. Où était Zacharie ? Elle ne discernait ni son odeur, ni sa voix. Mais elle avait la nette vision de lui, déambulant entre les tentes et surveillant les membres de la troupe en restant dans l’ombre. Quant à Edwin... Elle n’entendait pas non plus les accents agréables de la voix du conteur ni les soupirs effrayés de quelques enfants pendus à ses lèvres. Il était trop tard pour qu’il soit encore en train de raconter l’un de ses contes dont il avait le secret. Penser à chacun des membres de la troupe rassérénait Ysatis d’une manière qu’elle n’aurait su expliquer. Les savoir là, tout près, occupés à une activité qui les passionnait, faisait naître une tendre tendre chaleur dans son estomac. Peu importait alors qu’elle ne puisse les voir de ses yeux, son coeur les sentait avec la même justesse.

Lorsque la petite s’en alla, la voyante fit subsister son parfum dans l’air pendant de longues minutes encore, avant qu’elle ne disparaisse tout à fait de son monde. Le moment avait été très agréable et plutôt amusant. Elle resserra les pans de son châle autour de ses épaules, sentant l’air perdre quelques degrés. D’ici quelques minutes, le soleil se coucherait. Alors, comme chaque jour, comme à chaque mort du soleil, le voile opaque de ses yeux se lèverait. Sa vue reviendrait, nouvelle... Pour lui être enlevée quelques heures plus tard. Une vision réglée sur le rythme du soleil, une malédiction qu’elle n’était jamais parvenu à lever malgré ses innombrables tentatives. Pensive, elle fit tourner la pièce de fer entre ses doigts avec une facilité naturelle, distraitement. Le disque de métal filait entre ses articulations vivement, visible par de faibles éclats qu’il renvoyait par moments.

Depuis quelques jours, un pressentiment commençait se répandait dans ses veines. Lorsque l’on a reçu le don de double-vue, on prend bien sûr très à coeur ce genre de détail, aussi insignifiant soit-il. Il y avait quelque chose dans l’air de cette ville, dans l’ombre de Camelot, qui ne lui plaisait pas. Un danger charrié par les vents de la mer, un feu ardent prêt à bondir... Elle sentait cette ombre grandissante mais ne parvenait jamais à la saisir. Pas la moindre vision, juste cette tension, cette sensation diffuse.

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MessageSujet: Re: Avant le crépuscule • Libre •   Ven 5 Oct - 7:22




Avant le crépuscule


E
dwin n'avait plus qu'un hâte, fuir ces hauts murs de pierres qui faisaient tant d'ombres sur les âmes qui y erraient. Le conteur n'aimait guère la proximité de cette ville où il n'avait d'ailleurs pas mit le pied, se réfugiant derrière son âme d'amoureux de la nature pour justifier son manque d'attrait pour cette étrangeté façonné par la main de l'Homme auprès de ses compagnons de route. En réalité, il craignait bien trop ce qu'il pourrait trouver entre ces murs pour faire preuve de la moindre témérité, il se sentait déjà bien trop mal à proximité de la ville alors il n'avait aucune raison pour franchir la frontière. Le Pictes passait donc ses journées dans le camp et demeurait plus stoïque que dans ses habitudes, son entrain ne se dévoilait qu'en présence d'un jeune auditoire qui avait d'ailleurs tendance à se fidéliser au fur et à mesure que les jours s'écoulaient. Le reste du temps, il le passait auprès d'Arod, le duo ne se lâchant presque plus depuis leur arrivée à Camelot. Le premier devait probablement sentir les tourments de son compagnon bipède tandis que ce dernier trouvait rassurant la présence de l'animal, c'était donc sur une entente muette que le duo se suivait en quasi permanence. Cette complicité était même devenue une petite curiosité de la foire qui attirait le regard et intriguait les passants d'autant plus que le cheval se montrait particulièrement réticent à tout contact avec un étranger. Préférant éviter tout incident, Edwin se tenait donc un peu en retrait de la foire et passait ses journées à essayer d'identifier ce malaise que la ville faisait peser sur lui depuis son arrivée. Il n'avait jamais ressenti cela auparavant, du moins pas dans ces proportions et n'arrivait donc pas à savoir si ce signe était un message d'alerte ou quelques choses de plus vague.

E
n cette fin de journée Edwin s'était installé au pied de son arbre après avoir raconté l'ultime conte de la journée et avoir pris congé de ses jeunes compagnons. Arod attaquait goulument un nouveau carré d'herbe, s'éloignant un peu du Pictes sur lequel il gardait néanmoins un regard attentif. Celui-ci semblait rêvasser mais de façon assez tourmentée comme le témoignait ses sourcils légèrement froncés et sa mine préoccupée. Il passa machinalement une main dont la paume et le dos restaient dissimulés derrière les bandes de tissus enroulées autour qui remontaient jusqu'à son coude, sur son flanc encore douloureux. Il était ainsi installé depuis plusieurs minutes lorsque quelques choses le fit sortir de sa rêverie, il tourna alors la tête vers la forêt qui se prolongeait à ses côtés, cherchant ce qui pouvait lui produire cette sensation étrange qui surmontait la houle de son étrange malaise. Arod sembla sentir le trouble de son compagnon et releva sa tête élégante vers lui avant d'essayer de voir ce qu'il observait. Instinctivement, le cheval se rapprocha d'Edwin lorsque ce dernier se remit sur ses pieds. Le Pictes, lui, ne savait pas vraiment à quoi il avait affaire mais cette douce sensation qui surmontait ses tourments était assez étrange et attirante pour que sa curiosité soit piquée. Il ne réfléchit donc pas d'avantage et s'enfonça dans la forêt, Arod sur ses talons.

E
dwin n'eut aucune idée du temps qu'il passa à marcher, focaliser sur cette sensation qui le guidait avec une incroyable précision. Néanmoins, lorsqu'il sentit que le but approchait son ressentit se brouilla et commença doucement à s'effacer. Lorsqu’il arriva prêt d'un ruisseau il n'y avait plus aucune trace de cette douce sensation mais quelques choses lui disait qu'elle avait émané de cet endroit précis. Il s'approcha du lit chantant de l'eau qui ruisselait sur les pierres et observa les alentours mais ne trouva rien qui pouvait le renseigner sur la source de cet étrange trouble. À croire que cette ville catalysait tout ce qui pouvait avoir un effet sur lui ... Il n'avait jamais été autant perturbé par sa nature de gardien qu'en errant dans les alentours de Camelott et il avait hâte de s'éloigner de la ville pour stopper toutes ces perturbations et s'extirper de cette ombre qu'il sentait rôder autour de lui d'une façon plus pesante qu'habituellement. Arod l'avait suivi jusque là en silence et après quelques secondes d'immobilité décida de profiter de l'eau claire qui serpentait entre les arbres pour étancher une soif soudaine. Edwin observa encore machinalement les alentours avant de remarquer que son compagnon semblait détendu ce qui prouvait bien qu'il n'y avait rien ni personne ici qui troublait la quiétude des lieux. Un peu déçu de trouver une nouvelle question sans réponse, le Pictes décida de rentrer lorsque le cheval eu finit de boire. Ce dernier se proposa d'ailleurs de le ramener en présentant son dos comme à son habitude. Edwin ne fut guère difficile à se laisser convaincre et grimpa sur une pierre pour éviter toute gymnastique douloureuse pour grimper sur le dos de son compagnon.

L
e chemin du retour se fit plus rapidement qu'à l'aller, le cavalier laissa totalement libre l'animal qui retrouva très vite le campement. Ils n'avaient pas dû aller bien loin car lorsqu’ils débouchèrent de la forêt le jour n'était pas encore totalement tombé même si l'obscurité commençait à se faire omniprésente. Ils virent s'échapper à toute allure du camp une fillette rieuse qui fit relevé la tête à Arod avant qu'il ne décide que son passager avait assez fait de chemin comme ça sur son dos et ne s'arrête près d'un amas rocheux pour qu'il puisse bénéficier d'une marche en descente. Edwin ne se fit pas prié là non plus et descendit de l'animal avec toute la souplesse dont il pouvait faire preuve. Une fois pieds à terre, il resta quelques instants appuyé sur Arod pour se remettre des multiples petits tiraillements de ses muscles qui ne manquaient guère une occasion de se plaindre. Ce n'est qu'après cela qu'il reprit sa marche pour machinalement s'approcher des roulottes. Lorsqu'il aperçu Ysatis près de l'une d'elle, il s'approcha instinctivement, Arod toujours sur ses talons.

    ▬ " Quel forfait cette pièce a-t-elle commise pour mériter un tel traitement ? "

C
e n'est qu'une fois auprès de la voyante qu'Edwin laissa échapper ce trait d'humour qui fut accompagné d'un léger sourire amusé. Il n'était pas le seul ici à être perturbé par la présence de Camelott, Ysatis montrait aussi quelques signes de tensions depuis qu'ils étaient arrivés. Mais comme à son habitude, Edwin préférait garder ses sensations pour lui et ne demandait donc pas plus de précision à la jeune femme par peur de devoir en retour se prononcer lui aussi.

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MessageSujet: Re: Avant le crépuscule • Libre •   Dim 7 Oct - 13:56

Elle l’avait senti bien avant que sa voix ne résonne dans l’air. Il avait une manière étrange de marcher, avec précaution, comme un animal à l’affût. Comme quelqu’un habitué à fuir, à se cacher. Une tension dans ses membres, son pied posé lentement. Et aussitôt qu’elle l’avait reconnut, un sourire était revenu sur son visage et elle avait senti cet étrange réconfort qui subvenait toujours lorsque le conteur était proche. Il avait cet effet sur les gens : les calmer, leur apporter la paix. C’était sans doute ainsi qu’il parvenait à capturer l’attention de son auditoire (jeune et moins jeune) : la passion de sa voix s’entremêlait à cette aura paisible qu’il apportait.


Tandis qu’il parlait, elle arrêta les mouvements graciles de sa main et coinça la pièce entre son pouce et son index. Au début, elle ne répondit rien, savourant la présence nouvelle de son ami, écoutant la lente respiration d’Arod non loin. Bien sûr, sentir l’animal ne la surprenait pas le moins du monde ; ces deux-là ne se séparaient que rarement. Aux yeux d’Ysatis, c’était une bonne chose ; Arod représentait un parfait gardien pour le Picte. S’il arrivait quoi que ce soit à Edwin, voir le cheval seul ou paniqué suffirait à les avertir. Or, après cette discussion qu’ils avaient eut sur le chemin de Camelot, où le conteur lui avait glissé que, peut-être, il lui faudrait partir précipitamment, ce genre de détail apportait un peu de sérénité à Ysatis. Après un instant, elle glissa la pièce dans un des replis de sa tenue et se leva, tendant la main dans l’air à la recherche du bras de son ami. Elle sentait dans sa nuque ce frisson bien connu qui annonçait l’arrivée de la nuit. Pour tout dire, retrouver la vue la terrifiait autant que la perdre.


_ Tu veux bien que l’on marche un peu ?

C’est seulement alors qu’elle se remémora un événement de la journée qui lui arracha un sincère sourire. Elle hésita un instant à en faire part à Edwin, puis se dit que finalement ce serait une bonne chose. L’atmosphère était déjà bien assez lourde ; elle sentait bien que quelque chose le tourmentait et l’avait mis sur ses gardes. Même Arod avait une façon de respirer inhabituelle, à bien l’écouter. Quelque chose vibrait dans l’air. Si elle eut ses yeux, Ysatis les aurait fixé sur l’orée de la forêt non loin, dont la noirceur devenait étrangement inquiétante.


_ Tout à l’heure, une jeune dame est venue me trouver pour que je te transmettre un message. Elle a bien dis « le conteur qui s’agite près du vieux chêne », je ne doute donc pas qu’elle parlait de toi. Elle me charge de te transmettre ceci...

Et se faisant, elle sorti un ruban délicat de l’une de ses poches ; ce n’était qu’une bande de tissu bleu, assez jolie, avec de petites fleurs brodées sur un bord. Ysatis tendit le cadeau à son destinataire, non sans lui adresser un sourire de connivence.


_ Je ne suis que peu familière avec les rites amoureux, mais il me semble que cette dame t’offre ses faveurs.

C’était joliment tourné, pour simplement dire qu’une adolescente aux grands yeux et aux gestes maladroits était venue lui tendre son bien d’une main tremblante, murmurant de le transmettre au conteur qu’elle n’osait pas regarder. Une scène qui avait attendrit Ysatis, au point qu’elle en était venue à se demander depuis combien de temps cette jeune fille, tout juste sortie de l’enfance, encore incertaine et rougissante, observait en secret le conteur de la Troupe des Carpates.
La brûlure bien connue, comme semblant venir de derrière son oeil, se réveilla. Grandissante, elle annonçait la nuit et, bientôt, la délivrance de la diseuse de bonne aventure. Dans une minute, peut-être deux, les traits du visage de son ami lui seraient de nouveau révélé et elle devrait réapprendre à user de ce sens qu’elle tentait d’oublier la journée. Il devenait plus pressant de se changer les idées.


_ Qu’en dis-tu ?

La question était posée sans moquerie. Et c’était également une manière de lui dire que, à cause de cet instinct maternel qu’elle nourrissait pour chaque membre de la troupe, elle s’inquiétait par moment de la solitude du conteur. Elle ne l’avait jamais vu en compagnie féminine, il n’avait même jamais évoqué un amour passé ou éconduit. Etait-ce donc qu’il avait décidé que les femmes n’avaient aucun attrait pour lui ? De quoi se protégeait-il ? Des questions que la jeune femme ne lui poserait pas, par respect bien évidemment. Mais elle se sentait néanmoins concernée et, comme tout le monde, voulait voir ceux qu’elle aimait heureux et appréciés à leur juste valeur.

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MessageSujet: Re: Avant le crépuscule • Libre •   Dim 7 Oct - 17:35

E
dwin avait encore à l'esprit cette douce sensation qui à présent ressemblait à un mirage dans cet océan agité qui l'habitait. Peut-être l'avait-il rêvé, peut-être avait-il tellement hâte de quitter ces lieux que son esprit fatigué commençait à lui jouer des tours. Si au moins il pouvait comprendre pourquoi la présence de cette ville le perturbait autant, peut-être pourrait-il agir sur cela ... Mais les réponses à ses questions s'étaient probablement envolées avec les cendres de son village natal et il ne lui restait plus que des sensations et des instincts qu'il ne pouvait décrire. Mais le Pictes décida de remettre ses réflexions à plus tard en essayant de ne plus faire attention à ce malaise qui le berçait en entrant dans le camp. C'est d'ailleurs ce qu'il tentait de faire à chaque fois qu'il rejoignait la troupe depuis qu'ils étaient arrivés, avec plus ou moins de succès mais sans récolter d'interrogations dérangeantes. Il s'approcha donc d'Ysatis avec un mince sourire, la luminosité déclinante sonnait la fin de la cécité pour la jeune femme dont le regard n'allait pas tarder à retrouver sa vie nocturne. A ce sujet non plus il n'avait jamais posé de questions, d'ailleurs les interrogations d'Edwin étaient une rareté car le Pictes préférait toujours écouter ce qui voulait être dit plutôt que de chercher ce qui n'était pas prononcé.

    ▬ " Tu veux bien que l’on marche un peu ? " La main tendue d'Ysatis trouva bien vite celle du conteur qui l'aida à se remettre sur ses pieds avant de lui donner naturellement son bras.
    ▬ " Où veux-tu aller ? "

E
dwin acceptait tout naturellement la proposition d'Ysatis. La compagnie de la voyante lui avait toujours été bénéfique et il ne voyait guère de raisons de lui refuser cela, bien au contraire. Sa propre interrogation n'avait pas d'ailleurs pour vocation d'avoir une réponse précise, il l'avait juste formulé pour accepter la proposition de la jeune femme, ils n'avaient guère besoin d'un objectif pour faire quelques pas ensemble. Arod quant-à lui, observait ses compagnons qui étaient dans leur enclos et semblait réfléchir à la possibilité de les rejoindre à présent qu'Edwin était revenu dans une relative sécurité.

    ▬ " Tout à l’heure, une jeune dame est venue me trouver pour que je te transmettre un message. Elle a bien dis "le conteur qui s’agite près du vieux chêne", je ne doute donc pas qu’elle parlait de toi. Elle me charge de te transmettre ceci ... " Edwin se retrouva assez vite dérangé par les propos d'Ysatis, mais ce malaise était cette fois beaucoup plus naturel et plus compréhensible que celui qui l'habitait depuis ces derniers jours.
    ▬ " Oh ... "

I
l n'avait été que très rarement l'objet de telle attention mais elles avaient toutes été assez déstabilisantes pour qu'Edwin se souviennent de chacune d'elles. S'il y avait une chose devant laquelle il se retrouvait désarmé s'était devant ce genre de témoignages qui avait une fâcheuse tendance à l'effrayer. Il attrapa néanmoins le ruban qu'Ysatis lui tendait et laissa son regard se perdre sur les délicats motifs.

    ▬ " Je ne suis que peu familière avec les rites amoureux, mais il me semble que cette dame t’offre ses faveurs. "

L
e conteur qu'il était, déclamant bien souvent les péripéties d'amoureux éternels avec une passion qui pouvait démontrer l'admiration qu'il pouvait avoir pour de si fort sentiments demeurait pourtant le plus craintif des hommes d'un jour devoir se confronter lui-même à ce genre de passion. Il lui était bien inconcevable, dans sa condition, de se permettre ce genre de relation, c'est pourquoi cette possibilité ne lui venait jamais à l'esprit et il restait imperméable à toute tentative de la gente féminine, aussi agréable qu'elle pouvait l'être. Néanmoins, il avait trop de respect pour ces incroyables sentiments dont il déclamait les forces et redoutait toujours de briser quelques choses lorsqu'il tentait d'éconduire poliment ces faveurs. C'est donc assez gêné qu'il observait ce bout de tissu en réfléchissant à la façon la plus délicate de mettre fin aux espoirs de cette demoiselle inconnue à qui il avait dû falloir une bonne dose de courage pour réussir à venir voir Ysatis.

    ▬ " Qu’en dis-tu ? " Edwin demeura quelques secondes silencieux avant de trouver comment répondre à cette interrogation.
    ▬ " Je trouve étrange qu'avec tous ces chevaliers en armures dans cette ville quelqu'un m'ait regardé ainsi ... " Arod, poussé probablement par la curiosité, s'avança pour poser ses naseaux sur le tissu qui semblait troubler son ami mais il ne mit guère de temps à se dire qu'il n'y avait aucun souci à se faire pour ce ruban et décida de rejoindre ses compagnons équins pour au moins quelques instants. " Enfin, ici au moins elle ne devrait pas avoir trop de difficultés à passer à autres choses ... "

N
e tenant pas vraiment en place après cette découverte inattendu et troublante, Edwin entraîna doucement Ysatis à sa suite. Il ne savait pas trop où aller mais après quelques pas il réussirait sans doute à se débarrasser de ce trouble quelque peu gênant. Il glissa délicatement le ruban dans un pli de sa ceinture en attendant de peut-être pouvoir le rendre à sa propriétaire s'il sentait que cet acte n'était pas trop blessant pour elle. Enfin, cet évènement imprévu aura au moins eu le bénéfice de le faire penser à autres choses durant quelques instants, ce qui relevait de l'exploit lorsqu'il repensait à ces derniers jours.

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MessageSujet: Re: Avant le crépuscule • Libre •   Ven 12 Oct - 19:34

Ce qu’il y avait de véritablement étrange avec Edwin, c’était ce changement d’attitude qui s’opérait parfois chez lui, en l’espace d’un battement de cil. Elle ne l’avait jamais vu en colère ou inutile enthousiaste pour quelque chose ; en revanche, le voir passer du calme à cet état d’abattement était chose courante. Et dérangeante, d’une certaine manière. Porter de l’affection à quelqu’un incite à espérer des sentiments positifs pour cette personne, et certainement pas cette tristesse un peu timide, dissimulée sans grande conviction. Elle lui parlait de jeune dame amourachée, attachée à ses charmes de conteurs, d’interprète de chants épiques, et il se montrait brusquement timide, gêné. L’air d’un gosse à qui une jolie blondinette aurait offert un timide baiser sur la joue et ne saurait pas quoi en faire. Il s’agitait, se calmait aussi, rangea le ruban sans grande conviction (probablement avec l’idée de le rendre à sa propriétaire).

Des chevaliers en armure, certes. De beaux jeunes hommes courageux, plein d’assurance et de cette noblesse d’âme et de naissance qui inclinait au respect. La journée, elle les entendait arriver de loin et avait toujours un sourire en entendant les murmures admiratifs sur leur passage, les gloussements féminins et les conversations soudain délicates et intelligentes. Ils représentaient de type d’être face auquel on souhaiterait s’afficher sous son meilleur jour. Elle comprenait fort bien qu’il suscite les faveurs de nombreuses jeunes filles du peuple. Mais elle saisissait tout aussi facilement comment la jeune dame au ruban avait pu être intriguée par Edwin, et vouloir à son tour attirer son attention. Lorsqu’il contait une histoire, il était merveilleux. Ysatis ne doutait pas que, si elle avait eut un caractère légèrement différent et l’âge de l’adolescente, elle se serait amourachée d’un jeune conteur tendre et passionné, au regard pourtant solitaire. Le picte suscitait l’imagination sous bien des facettes ; il réveillait l’âme romantique de son assistance, incitait au rêve. Un don que peu partageaient. Mais il n’était pas dans la nature de la voyante de forcer l’opinion des autres, encore moins de ses amis.


_ Une dame sait toujours à qui donner son affection ; contredire cet instinct serait...

Le dernier rayon de soleil venait de disparaitre. Les couleurs disparaissaient petit à petit, perdaient de leur nuance pour se teinter de gris. La brûlure, derrière les yeux d’Ysatis, se fit plus insistante l’espace de quelques secondes. Une douleur que l’on a eut des années pour appréhender est toujours plus facile à contenir. Son bras se contracta, contre celui d’Edwin, à l’instant même ou des formes floues remplacèrent l’obscurité qu’elle affrontait depuis l’aube. Sa vue revenait, lentement, lui offrant le spectacle de la nuit. Elle papillonna des yeux, massa sa tempe gauche l’espace d’une seconde, faisant taire le début de migraine.

_ Que disions-nous ?

Difficile cependant de recomposer son expression des minutes précédentes ; car une fois ses yeux retrouvés, son visage s’en trouvait transformé, rajeunit et revigoré autant que porté par une expression de sincère peine. Ce fut également l’instant que choisit un homme pour débouler d’entre les tentes environnantes pour se planter face à Edwin et Ysatis ; il semblait les connaître et même rassuré de les avoir trouvé. Ysatis s’en souvenait ; il était un marchand de la grand place de Camelot, tenait une petite échoppe, un ami de longue date de Zacharie à ce qu’il semblait. Il leur parlait de son frère, qui avait ramené un jeune homme trouvé sur le bord de la route, qui délirait à la limite de la folie. Apparemment, le jeune garçon avait dormi des jours durant et venait de se réveiller ; il s’était mis à hurler et proférer des phrases sans queue ni tête. Ysatis était une diseuse de bonne aventure, pas une guérisseuse ; elle avait des notions, certes, mais pas qu’une autre (bien que soigner les blessures de Zacharie depuis des années avaient testé ses compétences). Mais l’homme semblait désespéré et peu importait où l’aide était trouvée du moment qu’il ramenait quelqu’un jusqu’à la tente montée à quelques dizaines de mètres.

En pénétrant à l’intérieur, Ysatis avisa aussitôt le garçon sur un lit précaire, se débattant sous l’emprise incertaine d’une femme (probablement l’épouse de celui qui était venu les trouver). Deux enfants étaient dans un coin, n’osant pas bougé, visiblement apeurés. La voyante s’approcha du lit et prit la main du garçon dans la sienne, sans que cela ait le moindre effet. Elle hésita, puis finit par sortir une plante de l’une de ses poches, un brin à peine plus grand que la paume de sa main autour duquel était enroulé un fil bleu. Elle passa la plante juste sous le nez du garçon et, tandis qu’il la respirait, ses tremblements s’estompèrent. Ce n’était pas une herbe médicinale ; il y avait quelque chose de magique à là-dedans, à l’heure où ce genre de démonstrations pouvait apporter des problèmes. Elle serra la main du garçon dans la sienne, murmurant quelques mots dans un langage difficile à décrire, jusqu’à réussir à croiser son regard. Là, il s’arrêta tout à fait et lorsque ses lèvres s’entrouvrirent de nouveau, ce fut pour murmurer quelques mots seulement :


_ Les spectres... ils... du sol... tout le monde est... des cris et du... j’ai couru jusqu’à ce qu’il fasse noir. Mais il étaient derrière moi... les spectres. Ils vont nous dévorer... Ils...

Les yeux écarquillés par ce qui pouvait aisément devenir de l’angoisse, Ysatis se tourna vers l’endroit où elle espérait voir Edwin. Il forcément entendu les paroles du garçon ; le silence qui régnait alors ne laissait aucun doute là-dessus. Entendre, très bien, mais de là à admettre que les paroles de l’adolescent n’étaient pas que pure folie et délire... S’il y avait un point que les deux membres des Carpates avaient en commun, c’était l’écoute de leur instinct. Et en ce qui concernait Ysatis, son instinct lui hurlait que c’était la vérité ; que la peur dans les yeux du garçon était aussi réelle que ce qui l’avait causé.

_ Où a-t-il été trouvé ? De quel village venait-il ? Est-ce que quelqu’un est allé... vérifier ?

Est-ce que quelqu’un serait assez fou pour aller jusqu’au village en question, découvrir si oui ou non un massacre y avait eut lieu, perpétré par des créatures surnaturelles ? A en juger par l’air désespéré du marchand et son épouse, non, personne n’avait pris ce risque. Mieux valait croire que le garçon était fou, plutôt que... Mais tandis qu’elle passait lentement une main sur le front du garçon, à présent à moitié inconscient, Ysatis envisageait déjà d’agir en conséquence.

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MessageSujet: Re: Avant le crépuscule • Libre •   Mar 16 Oct - 20:37

1001 pardons, encore une fois ^^'

I
l est vrai qu'Edwin n'avait jamais été très enclin à connaître les sentiments que les autres pouvaient nourrir pour lui, même s'il devait bien avouer que tout ressentiment ne l'affectait pas vraiment s'il venait d'une personne qu'il n'affectionnait pas particulièrement. Même avant d'ailleurs, il n'avait jamais nourri de fierté pour ce genre de considération même si parfois il avait pu se sentir légèrement flatté par un mot, une expression, ... Bref, notre conteur préférait se dissimuler à ce genre "d'aventure" en usant de son naturel discret.

    ▬ " Une dame sait toujours à qui donner son affection ; contredire cet instinct serait... "

L
a progression du duo s'arrêta au même instant que la phrase d'Ysatis qui crispa son bras autour de celui d'Edwin qui ne sembla pas vraiment s'inquiéter de cette situation. Il l'observa silencieusement et lorsqu'il sentit que ses yeux vides retrouvaient leur vie, il sourit doucement pour l'accueillir dans cette soirée naissante qui venait de lui redonner la vue. Il attendit qu'Ysatis reprenne ses esprits et ses marques en laissant son regard vagabonder autour d'eux.

    ▬ " Que disions-nous ? "

E
dwin n'entendit pas vraiment l'interrogation de la jeune femme car son regard venait de capter un mouvement. Un homme venait en effet d'apparaître d'entre les étoffes des tentes et s'approchait vivement d'eux. Dans le crépuscule, il reconnu un visage familier mais l'homme semblait de toute évidence très agité ce qui d'ailleurs ce confirma lorsqu'il arriva à leur hauteur pour leur expliquer de manière assez vive la raison de sa présence. C'est ainsi que d'un seul pas Ysatis et Edwin le suivirent, vite rattrapé par Arod qui, les voyant partir, c'était éloigné de ses congénères pour garder un oeil sur son Picte d'ami.
E
dwin préféra rester dans l'entrée de la tente et laissa Ysatis s'avancer à l'intérieur. L’atmosphère qui régnait entre ces pans de toiles étaient lourdes et crispées, le conteur eu un regard pour les enfants qui se tenaient dans un coin mais reporta bien vite son attention vers le jeune homme qui délirait fiévreusement. Ysatis parvint à l'apaiser, comment ? Edwin ne s'attarda guère sur la question, préférant écouter les mots qui se faisaient un peu plus compréhensibles.

    ▬ " Les spectres... ils... du sol... tout le monde est... des cris et du... j’ai couru jusqu’à ce qu’il fasse noir. Mais il étaient derrière moi... les spectres. Ils vont nous dévorer... Ils... "

U
n frisson parcouru l'échine du Picte qui ne semblait pas vouloir remettre en doute les paroles qui venaient d'être prononcés. On ne pouvait être plongé dans un tel état d'angoisse sans une véritable raison et ce qui venait d'être prononcé était mille fois suffisant. Les spectres ne revenaient pas dans ce monde sans raison et quoi que ce soit, si cette chose s'avérait réelle c'est qu'il y avait définitivement quelques choses de malsain dans l'air. Edwin croisa le regard d'Ysatis, de toute évidence, il n'était pas le seul à accorder du crédit aux mots du jeune homme.

    ▬ " Où a-t-il été trouvé ? De quel village venait-il ? Est-ce que quelqu’un est allé... vérifier ? " Sans surprise, personne ne se manifesta pour répondre à ces interrogations. Et pourtant, elles étaient importantes et devaient trouver des réponses.
    ▬ " Nous sommes à Camelot ... Peut-être faudrait-il prévenir "quelqu'un" ... "

L
e roi et ses chevaliers étaient à quelques pas, derrière ces murs. Si quelqu'un devait se mêler de cet évènement c'était sans doute eux ... Même si attirer leur attention n'était pas chose aisé et surtout, leur attention n'était pas forcément sans danger ... Si Edwin faisait cette suggestion à mi-mots, c'est bien parce que lui-même n'oserait guère franchir ces murs, encore moins pour essayer de parler à des personnes fortement susceptibles d'être intéressé par ce qu'il était réellement.

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"N'écoute les conseils de personne, sinon du vent qui passe et nous raconte les histoires du monde."
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